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Définitions de fasciste, sur Wikipédia :


mardi 24 avril 2007, par Esteban

 

Fascisme

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Cet article fait partie
de la série sur le Fascisme.

sous-série sur la Politique

Types et formes dérivées
Intégralisme
Austrofascisme
Fascisme en France
Garde de fer
Falangisme
Nazisme
Rexisme


Dans l’Histoire
Fascio
Marche sur Rome
République sociale italienne


Sujets connexes
Adolf Hitler
Corporatisme
Benito Mussolini
National-syndicalisme
National-anarchisme
National-bolchévisme
Néo-fascisme
Néonazisme

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Le fascisme (en italien fascismo) est un mouvement politique d’origine italienne apparu en 1919. Ce terme, très utilisé, a par la suite pris un sens beaucoup plus large. Il est donc nécessaire de cerner ses différents niveaux d’acception.

  • Au sens strict, le terme fascisme recouvre le mouvement et le régime italien de 1922 à 1945. Son origine provient de la fondation après la Première Guerre mondiale, par Benito Mussolini, d’un groupuscule appelé Fasci di combattimento (Faisceaux de combat), ce qui donnera les expressions fasciste et fascisme. Le mot fasci lui-même est une référence à la Rome antique où les faisceaux étaient un symbole de pouvoir, et aux fascio, mouvements et sociétés secrètes, des années 1890, composés de paysans révolutionnaires italiens. Ce sens strict est notamment utilisé par les historiens. Les idées de Benito Mussolini se réfèrent également à celles du syndicaliste-révolutionnaire français Georges Sorel, pour qui l’émancipation de la classe ouvrière passe par la violence. Enfin, les méthodes d’organisation des fasci sont inspirées de l’avant-garde de révolutionnaires professionnels prônée par Lénine.
  • Au sens large, le terme fascisme a pris un sens générique. Le modèle italien s’étant exporté dans toute l’Europe (Nazisme en Allemagne, Franquisme en Espagne), le terme s’est ensuite étendu à tout mouvement politique s’appuyant sur un pouvoir fort, prônant un État sécuritaire, les métiers organisés en corporations (ceci au moins jusqu’en 1945), l’exaltation du sentiment nationaliste et une politique réactionnaire. Le politologue français Pierre Milza a ainsi titré l’un de ses ouvrages Les fascismes. De nombreux spécialistes affirment que le nazisme est à l’opposé du fascisme, le fascsime ayant pour objectif de créer un état fort, alors que le nazisme a pour but de détruire l’état (justice, armée, police...) et faire détenir les domaines régaliens par le parti et ses dirigeants. De plus le fascisme aborde très peu les thèmes raciaux.
  • Dans son acception la plus large, le terme est polémique : dans le débat politique contemporain, le terme de fascisme est devenu une injure politique. Les adhérents à certaines idéologies politiques tendent à associer le fascisme à leurs ennemis, ou le définissent comme étant l’opposé de leurs propres visions (ex : « libéral fasciste » à l’encontre des libéraux ; « islamo-fasciste » à l’encontre de pouvoirs islamistes intégristes ; les staliniens ont ainsi un temps traité des dirigeants sociaux-démocrates de « social-fascistes »).

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L’idéologie fasciste [modifier]

Le mot vient de l’italien fascio, « faisceau », emblème de l’autorité romaine, repris vers 1919, par les milices squadristes de Mussolini, qui avaient initialement groupé des anciens combattants déçus et épris d’ordre.

Il se définit lui-même comme « totalitaire », et peut se résumer par une formule de Mussolini : « Tout pour l’État, tout par l’État, rien hors de l’État ».

Au sens le plus strict, il désigne donc le régime de Benito Mussolini. Si historiquement, le nazisme semble proche du fascisme, bien d’autres régimes politiques ont été qualifiés, à tort, de fascistes par leur opposants, comme l’Égypte nassérienne, le régime des Talibans, le stalinisme, le péronisme, etc. Dans le débat politique contemporain, les adhérents à certaines idéologies politiques tendent à associer le fascisme avec leur ennemis, ou le définissent comme étant l’opposé de leurs propres visions.

En son sens large, le fascisme se définit comme une réaction aux valeurs humanistes du siècle des Lumières. Issu des frustrations engendrées par ce nouveau modèle de société, le fascisme rejette les Droits de l’homme, le communisme, l’anarchisme, les libertés individuelles et le libéralisme. Mussolini dans La doctrine politique et sociale du fascisme, en 1933, affirme :

« Le fait est que le XIXe siècle était le siècle du socialisme, du libéralisme, de la démocratie, ceci ne signifie pas que le XXe siècle doit aussi être le siècle du socialisme, du libéralisme, de la démocratie. Les doctrines politiques passent ; les nations restent. Nous sommes libres de croire que ceci est le siècle de l’autorité, un siècle tendant vers la "droite", un siècle fasciste. Si le XIXe siècle était le siècle de l’individualisme (le libéralisme implique l’individualisme) nous sommes libres de croire que ceci est le siècle "collectif", et ainsi le siècle de l’État. »

Les origines du fascisme font l’objet d’un débat parfois âpre parmi les historiens. Pour Zeev Sternhell et ses partisans, l’idéologie fasciste a principalement été forgée en France, entre les années 1880 et 1914, par conjonction entre une radicalisation antidémocratique de certains mouvements d’extrême gauche (notamment le syndicalisme révolutionnaire) avec une nouvelle droite nationaliste, formant la « droite révolutionnaire », dont est issue le fascisme[1]. Pour des auteurs comme Pierre Milza, la Première Guerre mondiale est tout à fait essentielle dans la formation de l’idéologie fasciste, encore qu’il ait nuancé son point de vue en reconnaissant que M. Sternhell avait partiellement raison en soulignant la parenté entre certains idéologues français d’avant 1914 et les théoriciens du fascisme. Pour Robert O. Paxton, le Ku Klux Klan constitue la première forme de mouvement fasciste, ou protofasciste[2], et il rejoint en partie M. Sternhell sur les origines françaises de l’idéologie. Pour l’historien américain, le fascisme se développe selon cinq phases. Premièrement, des publicistes dissidents, extrémistes de droite méprisant la modération des conservateurs, et anciens extrémistes de gauche reniant la démocratie, forment une critique commune du libéralisme politique, au nom d’une synthèse nationale et sociale. L’idéologie se forme ainsi dans des pays de vieille tradition démocratique, comme la France, et, paradoxalement, un pays où naît l’idéologie fasciste a peu de chance de voir arriver rapidement un parti fasciste au pouvoir. Deuxièmement, ces mouvements, jusque-là marginaux, prennent de l’importance, car ils apparaissent, aux yeux des grands industriels et des grands propriétaires terriens, comme le seul moyen de rétablir l’ordre, notamment contre l’agitation communiste. À ce moment, le fascisme abandonne ses revendications sociales avancées pour un libéralisme économique strict. Troisièmement, le parti fasciste accède au pouvoir. Quatrièmement, le pouvoir fasciste se consolide. La cinquième et dernière phase, de radicalisation, n’a été pleinement accomplie que par le nazisme, avec la Shoah et la création d’espaces où l’État protecteur disparaît absolument : les camps de concentration, et plus encore les camps d’extermination[3]. De nombreux spécialistes affirment que le nazisme est à l’opposé du fascisme, le fascsime ayant pour objectif de créer un état fort, alors que le nazisme a pour but de détruire l’état (justice, armée, police...) et faire détenir les domaines régaliens par le parti et ses dirigeants. Le KKK serait encore une forme différente.

Son modèle social est davantage centré sur la nation que sur les individus qui la composent. Il cherche à créer un groupe uni et solidaire, qui ait une identité forte. Pour cela, il faut que cette collectivité partage une histoire et un destin communs et qu’elle se construise sur la volonté de perpétuer son ciment culturel. Il est donc primordial pour les fascistes de préserver l’homogénéité (ethnique, religieuse ou de classe) de cette collectivité nationale.

Un autre point caractéristique du fascisme est la prégnance de la hiérarchie sociale : le groupe doit être mené par un chef, surnommé en Italie le « Duce » (« le Guide »), dont l’autorité ne saurait être remise en question. Excluant tout contre-pouvoir, le fascisme est un système qui se veut totalitaire. Il s’est appuyé sur des groupes de choc, les Chemises noires, qui ont été complètement militarisées après la prise du pouvoir. À la différence d’autres totalitarismes, le fascisme a cherché cependant à obtenir l’adhésion populaire plutôt que de recourir à des méthodes coercitives. Utilisant des techniques comme la démagogie et le populisme, il lui est arrivé d’obtenir un fort soutien populaire et même de maintenir certaines formes démocratiques, comme, le suffrage universel (pendant deux années). Il faut noter que tout comme le Führer, Mussolini a été « invité » au pouvoir par l’assentiment des autorités de l’époque avec la célèbre Marche sur Rome.

Il s’agit pour cela de mobiliser des valeurs comme le patriotisme, les idéaux de « rénovation » nationale et de pureté. Croire, obéir, combattre deviennent des valeurs, analyser et critiquer de l’insubordination. Il est donc nécessaire de faire naître un sentiment d’urgence, de désigner un ennemi commun cherchant à détruire le collectif et contre lequel le groupe tout entier doit se mobiliser.

Cette mobilisation permet de réprimer sévèrement toute contestation sans perdre la caution populaire. Il suffit de désigner l’homme à abattre comme « ennemi », « traître », « sous-homme ». Mais en aucun cas, le fascisme italien n’a pratiqué les massacres de masse de type hitlérien.

Le fascisme, à la différence du nazisme, n’était pas raciste à l’origine. Il a adopté une législation raciste à partir de 1935 (interdiction des mariages entre colons et Africaines) et antisémite à partir de 1938, dans un contexte d’alliance avec l’Allemagne de Hitler. Encore ces lois d’exclusion étaient-elles moins dures, et comportaient-elles beaucoup plus de dérogations que les lois antisémites d’Hitler et de Pétain.

Les origines du fascisme italien [modifier]

Le fascisme est d’abord le nom que le mouvement et le régime de Mussolini se sont donnés. En effet fascio, ou faisceau, désigne l’instrument de l’autorité dans la Rome antique : les magistrats romains étaient précédés d’un certain nombre de gardes, les licteurs, chargés de ces faisceaux, symboles d’autorité, de violence de la loi. Aujourd’hui encore, on retrouve le fascio (ou fasces en latin), la hache entourée de faisceaux de bouleau, sur le passeport et le signe héraldique de l’État Français.

Il naît en tant que mouvement décentralisé en mars 1919, sur les frustrations d’une victoire mutilée, Français et Anglais refusant de tenir leurs promesses quant au sort des terres irrédentes de Dalmatie, d’Istrie, de Rijeka (Fiume), mais aussi en réaction au communisme en pleine expansion. Le fascisme est alors le mouvement exalté, le mouvement d’un pays qui tente de retrouver une puissance perdue, un empire perdu, un honneur perdu. Le nationalisme, soutenu par la plupart des artistes de l’époque (Gabriele D’Annunzio, Filippo Tommaso Marinetti, les futuristes italiens...) va être le fer de lance du fascisme. Le populisme de Benito Mussolini et la passivité (dûe à la pacification des milices des fascios), voire le soutien de la population vont permettre à la dictature de s’installer doucement, de la marche sur Rome du 22 octobre 1922 à l’assassinat de Giacomo Matteotti le 10 juin 1924 qui va déboucher sur la déclaration de la dictature et la promulgation des lois fascistissimes en 1926.

Les frustrations de la guerre [modifier]

En 1914, le royaume d’Italie, membre de la Triple Alliance aux côtés des empires allemand et autrichien, reste d’abord hors de la guerre. Le peuple italien, qui vient de vivre de dures luttes sociales, est pacifiste dans son immense majorité. Benito Mussolini, réputé très radical, dirige Avanti, quotidien du Parti socialiste italien. Lorsque la guerre s’étend à l’Europe, il engage soudain son journal pour l’entrée en guerre aux côtés de la France. Exclu du parti socialiste, il fonde le Popolo d’Italia, avec des subsides des services secrets français et du patronat italien. Le Popolo d’Italia milite pour une guerre rédemptrice qui doit régénérer l’Italie. En 1915, l’Italie déclare la guerre à l’Autriche mais le front des Alpes est difficilement tenable et Venise est menacée (défaite de Caporetto, 1917). Cependant, au prix de souffrances inouïes, l’armée italienne remporte la victoire de Vittorio Veneto, qui précipite la défaite et l’éclatement de l’Autriche-Hongrie en octobre 1918. Aux traités de 1919-20, l’Italie repousse sa frontière jusqu’aux Alpes du Tyrol, mais la côte dalmate, qu’elle considère comme italienne, est donnée à la Serbie pour former un nouvel État, la Yougoslavie. L’opinion italienne est déçue : « tous ces sacrifices pour rien » ; c’est la thématique de la « victoire mutilée ». À la tête de volontaires armés, le poète Gabriele D’Annunzio occupe Fiume (Rijeka) et y règne plus d’un an. Il y invente un folklore que les fascistes copieront (par exemple le cri de ralliement Eia, Eia Alala !) en même temps qu’un certain romantisme utilisé par le futur régime. Dans ce sens, d’Annunzio est un précurseur du fascisme.

Les conflits sociaux d’après-guerre [modifier]

En 1920, l’agitation sociale monte d’un cran : les ouvriers occupent les usines et forment des conseils ouvriers afin de gérer par eux-mêmes les usines et la distribution. Le 21 janvier 1921 le parti communiste italien est fondé. Mais les organisations ouvrières et les syndicats sont attaqués par des « cogneurs » payés par certains patrons, les fascistes (squadristes), qui après s’être ligués sous la direction de Mussolini forment eux aussi un parti, le parti national fasciste, en novembre 1921. Le mouvement ouvrier italien sera décapité. L’équipement fasciste comporte une chemise noire (issue de la tenue des troupes de choc de l’armée italienne créées en 1917 : les Arditi), divers types de matraques et un purgatif puissant, l’huile de ricin, qu’ils font avaler de force à certains de leurs adversaires. Bientôt, les fascistes tiennent le haut du pavé et Mussolini les groupe en un parti, avec une idéologie musclée, qui profite de l’échec de la gauche et de la peur de la droite.

Le régime fasciste italien : politique et société [modifier]

En 1922, le parti national fasciste a 35 députés au Parlement, et plus de 700 000 membres. Après avoir chassé les organisations de gauche des villes du nord de la péninsule, les milices fascistes menacent de lancer une marche sur Rome. À peine celle-ci débute-t-elle que le roi Victor-Emmanuel III nomme Mussolini président du conseil. Mussolini respecte d’abord le jeu démocratique, en étant à la tête d’une large coalition allant jusqu’au centre droit. Mais en mai 1924 le chef de file du parti socialiste italien Giacomo Matteotti, par ailleurs député, dénonce les élections législatives, remportées avec succès par le parti fasciste en partie à la suite d’une modification des modalités de scrutin, et réclame leur annulation : il est assassiné le 10 juin, assassinat qui sera revendiqué par Mussolini dans un discours devant le Parlement le 3 janvier 1925. Pour couper court à toute agitation, Mussolini instaure un régime d’exception : les lois fascistissimes (1926) ; les autres partis politiques sont interdits, leurs députés sont déchus, la presse est censurée, une police secrète, l’OVRA, est instaurée ainsi qu’un fichier de suspects politiques et un « Tribunal spécial ».

Vers 1929, la dictature du parti fasciste imbibe toute la société (seule la vie culturelle reste relativement libre, à condition de ne pas critiquer le régime). Des milliers de démocrates s’exilent pour échapper à la prison ou à la déportation sur des îles. Le pape Pie XI signe les accords du Latran avec l’État fasciste italien qui lui concèdera l’existence de l’État du Vatican.

Mussolini résume le fascisme en décembre 1925 par la formule : « Tout dans l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État ».

L’idéologie fasciste est fondée sur :

Architecture fasciste : quartier de l'EUR à Rome
Architecture fasciste : quartier de l’EUR à Rome
  • Le nationalisme - Restaurer l’empire romain - : le régime construit des stades avec portiques, des statues colossales, avec des faisceaux partout. L’Italie, outre sa colonie (la Libye) doit contrôler la Méditerranée : elle revendique la Corse, l’Albanie, la Dalmatie, la Savoie, Nice, fait la guerre en Espagne, en Grèce, en Égypte
  • Le culte du chef : Mussolini est Duce (guide). Son image monopolise l’attention des Italiens, dans des postures qui le montrent soit soucieux du peuple, soit très courageux : en train de moissonner, de parader, de rejoindre des lions en cage, etc. Quelques slogans : Credere, obbedire, combattere (« Croire, obéir, combattre » ; pour les fascistes, l’homme ne doit pas trop réfléchir, il ne se réalise que par la guerre), Il Duce ha semper ragione (« Le Duce a toujours raison »).
  • L’encadrement de la population.
  • Le haut centralisme de l’État : le parlement n’a qu’un rôle mineur après 1928, puisque choisi par le Grand Conseil du Fascisme, véritable pouvoir.
  • L’embrigadement des masses : dès la maternelle, les « Balilla » (ou Fils de la Louve) défilent en uniforme noir, saluent à la romaine, assistent aux manifestations du régime, s’entraînent avec des fusils de bois. La force, la violence sont exaltées. Les syndicats sont remplacés par des corporations contrôlées par l’état et le patronat. Le droit de grève est aboli.
  • La propagande : les emblèmes et slogans fascistes, les chansons de marche, les monuments en béton néo-romains fleurissent partout. Le régime fasciste exalte ses grands travaux : le drainage des marais pontins, les premières autoroutes. On instaure même une ère fasciste (l’An I = 1922).

Le régime fasciste italien : économie [modifier]

Les fascistes définissent leur conception économique comme une troisième voie entre capitalisme et marxisme. Leur politique se traduit par une extension considérable du contrôle gouvernemental de l’économie sans toutefois d’expropriation massive de la propriété des moyens de production. Le gouvernement fasciste nationalise les industries clés, contrôle les changes et fait investir massivement l’Etat. Les fascistes instituent le contrôle des prix, le contrôle des salaires et autres mesures de planisme économique, ils instituent une affectation des ressources dominée par la régulation étatique, spécialement dans les secteurs financiers et des matières premières. L’économie est mise au service de l’Etat[4].

Le refus du capitalisme et du marxisme se traduit par une politique économique d’abord fluctuante.

Le programme fasciste révolutionnaire de 1919 [modifier]

Les faisceaux de combat apparaissent en réaction aux troubles sociaux notamment ceux de Milan. Le programme révolutionnaire du mouvement en 1919 est d’inspiration nationaliste et socialiste dans un mélange particulièrement progressiste et confus. Il réclame :

    • une république démocratique,
    • la création d’une assemblée constituante,
    • l’abolition des titres nobiliaires,
    • la séparation de l’Église et de l’État,
    • saisie des biens des communautés religieuses,
    • journée de 8 heures,
    • salaire minimum,
    • Vote des femmes
    • participation des représentants des travailleurs au fonctionnement technique de l’industrie,
    • réforme de l’assurance-invalidité et des pensions de vieillesses en faveur des travailleurs,
    • la gestion des industries publiques assurée par les organisations prolétariennes,
    • nationalisation de l’industrie d’armement,
    • une armée nationale avec service militaire obligatoire,
    • des annexions,
    • Limitation du rôle économique de l’État
    • Lutte contre la spéculation bancaire
    • Participation des ouvriers aux bénéfices des entreprises
    • saisie des profits de guerre,
    • obligation aux propriétaires de cultiver la terre, faute de quoi celle ci sera remise aux coopératives,
    • impôt progressif extraordinaire sur le capital
    • Adhesion à la société des Nations, désarmement général, interdiction de la production d’armes
    • une expropriation partielle de toutes les richesses.

La défaite aux élections de 1919, amène les groupements les plus à gauche à se retirer des fascios. Avec l’évolution du mouvement, nombre des idées du programme seront rejetées.

Dans un climat social difficile (grèves et agitations) qui fait craindre à la démocratie libérale un soulèvement social révolutionnaire comme en Russie (Révolution d’Octobre), en Allemagne (Révolution allemande), et d’autres pays dans lequel des troubles révolutionnaires existent, Mussolini annonce en 1921, avant son accession au pouvoir, son soutien au libéralisme et au capitalisme :

« Je suis un libéral. La nouvelle réalité de demain, répétons-le, sera capitaliste. La vraie histoire du capitalisme ne commence que maintenant. Le socialisme n’a plus une chance de s’imposer. [...] Il faut abolir l’État collectiviste, tel que la guerre nous l’a transmis, par la nécessité des choses, et revenir à l’État manchestérien » (Mussolini au Parlement le 21 juin 1921)

Rocca et Corsini établiront, par la suite, un programme pour le PNF favorable au libéralisme économique « manchestérien ».

La phase libérale de la politique de Mussolini (1921-1925) [modifier]

Arrivé au pouvoir, allié à une vaste coalition, le gouvernement de Mussolini, sous l’impulsion du libéral Alberto De Stefani, qui succède aux libéraux, poursuit la politique économique libérale du précédent gouvernement :

« Nous voulons dépouiller l’État de tous ses attributs économiques : assez de l’État cheminot, de l’État postier, de l’État assureur » (Benito Mussolini, 1922[5]).

Le tournant s’opère dans la deuxième moitié des années 1920 : Alberto De Stefani démissionne en 1925[6], promulgation des lois fascistissimes en 1926, vote des lois sur le corporatisme en 1927, et en 1929 crise économique mondiale[7].

Le corporatisme fasciste, mis en place à partir de 1925 [modifier]

Les fascistes monopolisent petit à petit le pouvoir. Après l’assassinat de Giacomo Matteotti le 10 juin 1924, ils établissent une dictature, les lois fascistissimes sont promulguées en 1926 et Mussolini donne au fascisme la célèbre formule : « tout dans l’État, rien hors de l’État et rien contre l’État » ; il désavoue et attaque (dans le sillage de la confidustria[réf. nécessaire]), suite à une crise économique, le libéralisme économique. Il exprimera l’idée qu’il en a dans La Doctrine du fascisme en 1935 :

« Le fascisme est absolument opposé aux doctrines du libéralisme, à la fois dans la sphère politique et dans la sphère économique.… L’État fasciste veut gouverner dans le domaine économique pas moins que dans les autres ; cela fait que son action, ressentie à travers le pays de long en large par le moyen de ses institutions corporatives, sociales et éducatives, et de toutes les forces de la nation, politiques, économiques et spirituelles, organisées dans leurs associations respectives, circule au sein de l’État »

Mussolini mène alors une politique dirigiste : grands travaux, protectionnisme, stimulation de la consommation, constitution de monopoles, encadrement et restriction des droits des ouvriers, bataille du blé.

Le corporatisme est institué : un système de guildes qui encadre les relations patrons/ouvriers et salariés afin qu’ils planifient l’économie dans l’intérêt général. Bien qu’ayant donné un pouvoir égal aux ouvriers et aux patrons, il favorisera plus tard le syndicat patronal, la confindustria[réf. nécessaire].

Le régime reçoit son appui des grands industriels, des petits capitalistes, des classes moyennes, des petits fonctionnaires mais aussi des paysans et des ouvriers les plus pauvres (lumpenprolétariat dans la théorie marxiste).

Dans les années 1930, l’Italie récupère de la Grande Dépression et connaît une croissance économique. Mais la croissance est contrariée par les sanctions internationales suivant l’invasion de l’Éthiopie d’octobre 1935, par le support militaire coûteux aux nationalistes espagnols et in fine par l’échec de la politique d’autarcie.

La république de Salo (1943-1945) [modifier]

A côté d’une politique totalitaire sanglante et antisémite sous la direction allemande, la République sociale italienne (RSI), ou la République de Salo tente de mettre en œuvre une politique socialiste. Choix d’autant plus aisé que les élites économiques et culturelles, par conviction ou par opportunisme, prennent de plus en plus leurs distances avec le fascisme.

Expansion du fascisme en Europe dans l’entre-deux-guerres [modifier]

Le fascisme italien va susciter des imitateurs dans plusieurs pays à travers le monde des années 1930 et 1940 : fascisme en France (divers mouvements : Solidarité française, Mouvement franciste, Parti populaire français, Rassemblement national populaire, LVF, etc.), en Belgique (le rexisme, incarné par Léon Degrelle), en Autriche (austrofascisme), en Espagne (la Phalange espagnole), au Portugal (les chemises vertes), en Roumanie(Garde de Fer)...

Le néo-fascisme après 1945 [modifier]

Article détaillé : Néo-fascisme.

Après la défaite, une partie des anciens fascistes se sont organisés en opposition légale dans le Mouvement social italien, qui se référait explicitement à la mémoire de Mussolini. Ce parti a obtenu des scores électoraux appréciables (sans atteindre la majorité) surtout dans les régions pauvres du Sud. Toléré par les gouvernements démocrates-chrétiens, qui y voyaient un dérivatif au communisme, il a cependant toujours été exclu des combinaisons gouvernementales.

Dans sa nouvelle formule, l’Alliance nationale de Gianfranco Fini, le parti a abjuré ses anciens principes totalitaires et a pu participer aux gouvernements de Silvio Berlusconi. Il compte encore des nostalgiques du Duce, comme sa petite-fille Alessandra Mussolini.

Notes [modifier]

  1. Zeev Sternhell La Droite révolutionnaire. Les origines françaises du fascisme, 1885-1914, troisième édition, Fayard, 2000
  2. Robert O. Paxton, « Les cinq phases du fascisme », dans Michel Dobry (dir.), Le Mythe de l’allergie française au fascisme, éd. Albin Michel, 2003
  3. Ibid.
  4. La Doctrine du fascisme, par Mussolini et Giovanni Gentile
  5. Pierre Milza et Serge Berstein, Le Fascisme italien. 1919-1945, éd. du Seuil, « Points »-histoire, p. 222
  6. Article de Sheldon Richman
  7. Pierre Milza et Serge Berstein, Le Fascisme italien. 1919-1945, éd. du Seuil, « Points »-histoire, p. 222

Voir aussi [modifier]

Idéologies
Cet article fait partie
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Bibliographie [modifier]

Italie

  • Brève histoire du fascisme et Les interprétations du fascisme de Renzo De Felice.
  • Le fascisme italien, Serge Berstein & Pierre Milza, Seuil, Points Histoire (octobre 1998) ISBN 2020055139
  • Le fascisme italien, Salvatore Lupo, Flammarion ( mars 2003) ISBN 2082100499
  • L’Italie contempraine du Risorgimento à la chute du fascisme, Serge Berstein & Pierre Milza, Armand Colin, col. U Histoire (octobre 1995) ISBN 2200216904

France

  • Les Fascismes, Henri Michel (historien), 1977.
  • Fascisme français, passé et présent, Pierre Milza, Champs Flammarion (janvier 1991) ISBN 208081236X
  • Georges Valois - L’Action Française, le faisceau, la République syndicale, Yves Guchet, L’harmattan, (octobre 2001) ISBN 2747512142
  • Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Michel Winock, Seuil, Points Histoire, (avril 2004) ISBN 2020655209
  • Histoire de l’extrême-droite en France, Michel Winock (sous la direction de), Seuil, Points Histoire (novembre 1994) ISBN 2020232006
  • La fièvre hexagonale, Michel Winock, Seuil, (novembre 1987) ISBN 2020285169
  • La dérive fasciste, Philippe Burrin, Seuil, Point Histoire (mars 2003) ISBN 2020589230
  • Fascisme, nazisme, autoritarisme, Philippe Burrin, Seuil, Point Histoire (octobre 2000) ISBN 2020414821
  • Xavier Vallat 1891-1972, Du nationalisme chrétien à l’antisémitisme d’État, Laurent Joly (Préface de Philippe Burrin), Grasset, (mars 2001) ISBN 2246608317
  • Du fascisme, Pascal Ory, Perrin, (janvier 2003) ISBN 2262019800
  • Les collaborateurs, 1940-1945, Pascal Ory, Seuil, Point Histoire ISBN 2020054272
  • La France de Vichy, Robert Paxton, Seuil, Point Histoire (janvier 1999) ISBN 2020392100
  • Ni droite ni gauche, l’idéologie fasciste en France, Zeev Sternhell, Complexe Eds, Historiques (septembre 2000) ISBN 2870277881
  • Maurice Barrès et le nationalisme français, La France, entre nationalisme et fascisme, Zeev Sternhell, Presses De Sciences Po (septembre 2000) ISBN 2724602269

Généralités

  • Les fascismes, Pierre Milza, Seuil, Points Histoire (janvier 1991) ISBN 2020128632
  • L’Europe en chemise noire, Pierre Milza, Champs Flammarion (septembre 2004) ISBN 2080800833

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