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Source : Wikipédia

dimanche 18 février 2007, par Esteban

Occident (mouvement politique)

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

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Occident était un mouvement politique français, fondé en 1964 et dissous en 1968, classé à l’extrême droite. Il fut remplacé par le GUD (Groupe union défense) et par Ordre nouveau.

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Origine [modifier]

Issu de la dissolution le 2 novembre 1963 de la section de Paris de la Fédération des étudiants nationalistes par François d’Orcival « pour indiscipline et refus de l’orientation nationaliste[1] », la mise « en dehors des activités et de la communauté nationalistes » de plusieurs militants par la direction de la FEN le 18 février 1964[2] et des déceptions nées de l’issue des guerres coloniales, le mouvement a été fondé en avril 1964 par Pierre Sidos (fondateur de Jeune Nation) avec des étudiants, essentiellement parisiens, dont :

mais également :

Fin 1965, le mouvement comptait 600 adhérents. De 1964 à 1968, on peut estimer à environ 1500 le nombre d’adhésions à Occident[3].

Idéologie [modifier]

Le mouvement se proclame anti-communiste, dans le contexte historique de la Guerre froide et des atteintes répétées aux droits de l’homme en URSS et en Chine, et reprend les thèmes classiques de l’extrême droite depuis le XIXe siècle. Les militants se disent prêts à défendre « l’armée française partout où elle se bat » pour faire barrage notamment à l’expansion du communisme et usent de slogans tels que « Tuez tous les communistes où ils se trouvent ![4] » Ils s’opposent également au Général de Gaulle, considéré comme le « bradeur » de l’Algérie française.

Le groupuscule s’en prend aussi à la franc-maçonnerie, au libéralisme politique. « Ainsi, les nationalistes français constituent contre la république maçonnique et ploutocratique le Parti de la Nation française, le Parti de la seconde Révolution française, qui abolira les effets néfastes de la première[5] » Il dénonce la démocratie, citant Louis-Ferdinand Céline : « Le gouvernement du peuple, pour le peuple, et par la vinasse », et dénonçant « le mythe de l’élection », qui doit être remplacé par la « sélection des meilleurs éléments de la communauté populaire, en vue de constituer une nouvelle élite, fondée sur le mérite et les talents ». Il se montre ouvertement raciste. « Ce que nous refusons comme irréel, c’est la vision égalitaire qui prétend faire de l’humanité un ensemble de petits cubes égaux entre eux. De toute évidence, les hommes sont inégaux [...] » Les membres d’Occident se réfèrent au vichyste Robert Brasillach, célèbrent les vertus du « sang » (« Le sang obsèdera toujours l’esprit humain, sang mystique du Christ, sang biologique de la fécondation [sic], sang commun à tous les peuples d’Europe » écrit Occident université, n° 6, 5 mars 1965), exaltent l’« ethnie française », et affirment que : « Pervers et nuisible sous toutes ses formes, le libéralisme est l’ennemi le plus dangereux du nationalisme ». Le terme « fasciste » n’est pas renié[6] : « Dans toutes les démocraties, la jeunesse s’ennuie, et dans toutes les démocraties, il y a des "blousons noirs". Alors que dans les pays qualifiés de "fascistes", il n’y en a jamais eu. Cela tient au fait que tout fascisme est l’expression d’un nationalisme, qui seul peut cristaliser la volonté de la jeunesse en un immense élan révolutionnaire ; le nationalisme, c’est la jeunesse au pouvoir. »

Ainsi marqué à l’extrême droite, le mouvement connait cependant un tournant proaméricain suite notamment à l’éviction de Pierre Sidos et à la guerre du Vietnam qui amène plusieurs de ses membres à se remettre en question. Ainsi, Alain Madelin, déclarera plus tard qu’il s’agissait d’une foucade de jeunesse et a rappellera le contexte historique de menace potentielle de l’URSS : on se situe en effet alors entre l’écrasement de Budapest (1956) et celui de Prague (1968) (voir aussi Mai 1968). Quant à la Chine, plus en faveur dans les milieux étudiants de l’époque (à l’exception notable du milieu situationniste), sa révolution culturelle commençe à éveiller les premiers doutes chez ses sympathisants (voir Simon Leys).

Faits d’armes et évolution [modifier]

Dans le Quartier Latin de Paris, ils usèrent de violence contre les militants d’extrême gauche, en signe d’opposition à la représentation de la pièce de Jean Genet Les Paravents au Théâtre de l’Odéon à Paris en mai 1966, dont ils obtinrent finalement le retrait.

Le 12 janvier 1967, une petite équipe d’Occident attaqua les comités Viêt Nam sur le campus de l’université de Rouen, la « rixe » politique entraîna l’interpellation rapide d’une vingtaine de membres du groupuscule, dont Gérard Longuet, Alain Madelin et Patrick Devedjian.

( ndlr : par la suite, ces anciens membres d’Occident seront membres du RPR et deviendront ministres de différents gouvernements de l’Etat français ).

Cette affaire alimenta la tendance paranoïaque des militants d’Occident, prêts à se soupçonner mutuellement de trahison. Patrick Devedjian figurait en tête de liste des « balances » possibles. Convoqué sous le prétexte d’une réunion, le jeune militant fut soumis à un interrogatoire musclé et à la baignoire. Complètement nu, il enjamba la fenêtre et se laissa pendre dans le vide avant d’être embarqué par une ronde de police.

Trois mois plus tard, par anticommunisme, le mouvement apporte son soutien à la droite lors des élections législatives. Certains militants participent à la campagne des candidats gaullistes, ou, pour ceux qui ne pardonnent pas à Charles de Gaulle d’avoir accordé l’indépendance à l’Algérie, des candidats giscardiens. Leur aide se manifeste principalement par le collage d’affiches et la participation au service d’ordre. Néanmoins, à l’occasion des élections législatives de 1967, les plus violemment antigaullistes de l’Algérie française et de l’extrême droite font l’appoint des votes en faveur de la gauche selon René Rémond (Notre siècle, Fayard, 1988), un appoint au demeurant modeste, puisque les candidats d’extrême droite n’ont recueilli que trente mille voix dans tout le pays.

Au début du mois de mai 1968, les militants d’Occident multiplièrent les provocations contre les gauchistes, au point que, selon Joseph Algazy, « Il est vraisemblable que ces violences dans les campus ont contribué, elles aussi, au déclenchement de l’explosion de Mai 68 » (L’Extrême droite en France de 1965 à 1984, pp. 57-58). Lorsque l’explosion intervint, les troupes d’Occident hésitèrent à rejoindre les barricades pour renverser le régime gaulliste qu’elles exécraient ou, au contraire, à lutter contre les gauchistes. Alain Madelin proposa un ralliement à la droite gaulliste mais ne put l’imposer : les militants se dispersèrent, les uns faisant campagne pour les gaullistes, les autres se rapprochant des républicains-indépendants, quelques-uns combattant les CRS.

Le décret du 12 juin 1968, dissolvant plusieurs mouvements extrémistes en application de la loi de janvier 1936, épargne Occident. René Capitant, ministre de la Justice, argue : « Le mouvement Occident a employé la violence, parfois, mais il ne s’est pas dévoilé comme un mouvement subversif. » La préfecture de police de Paris avait pourtant demandé sa dissolution dès le 24 juillet 1964, de même que le directeur central des Renseignements généraux, le 8 décembre 1966.

Le 27 octobre 1968, suite au saccage par les militants d’Occident du local du Snesup (Syndicat national de l’enseignement supérieur) puis du journal Action, un groupe commun pro-chinois et anarchiste investissait le café Relais-Odéon, lieu de rendez-vous habituel des militants d’Occident, y répandait plusieurs bidons d’essence avant de lancer un cocktail molotov entraînant un incendie dont les dégâts furent chiffrés à 250 000 F de l’époque. Prévenus par une « taupe » dans les milieux gauchistes, les militants nationalistes s’étaient ce jour-là abstenus de se rendre à leur « quartier général ». Le soir même, la librairie maoïste de la rue Gît-le-Cœur était plastiquée, tandis qu’un autre groupe anarchiste s’efforçait en vain d’incendier la Librairie française d’Henry Coston, tenu par erreur pour un proche du mouvement Occident.

Le 31 octobre, devant les risques d’engrenage, Raymond Marcellin, ministre de l’Intérieur, faisait adopter par le Conseil des ministres la dissolution d’Occident, qui prit effet le lendemain 1er novembre 1968.

Plusieurs de ses membres, souvent les plus américanophiles, rejoignirent par la suite les mouvements libéraux ou conservateurs de droite, à l’instar d’Alain Madelin ou de Claude Goasguen. D’autres choisirent de continuer à l’extrême droite, avant de rejoindre le RPR, le Centre national des indépendants et paysans ou l’UDF, comme Alain Robert ou Hervé Novelli. De son côté, Michel de Rostolan rejoint le CNIP, avant de se rallier au Front national.

Commentaires des anciens membres ou sympathisants [modifier]

  • Pour Patrick Devedjian : « Je ne me suis jamais caché de mon passé. J’étais d’origine arménienne et c’était aussi une façon, pour moi, de me sentir français. J’étais anticommuniste et, finalement, je n’ai pas changé. Je me suis engagé pour la cause de l’Algérie française. J’ai quitté Occident en 1966, après avoir découvert Raymond Aron. Ce mouvement n’avait rien à voir avec l’extrême droite de Jean-Marie Le Pen. C’était une autre époque, on ne peut pas comparer... »
  • Pour Gérard Longuet : « Pour des raisons personnelles, j’étais Algérie française et anticommuniste. J’ai fait un bout de chemin avec la FEN, avant de basculer vers Occident. Nous étions une bande de copains. Je n’ai jamais supporté que l’on m’interdise de m’exprimer. J’ai fait la campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour en 1965. On se spécialisait dans la relation conflictuelle et musclée avec l’extrême gauche. On s’est pris des raclées, j’ai eu le cuir chevelu entamé. Après l’incident de Rouen, où je n’étais pas impliqué, j’ai rejoint les Républicains indépendants. »
  • Pour Hervé Novelli : « J’étais plus jeune que les autres, mais j’étais spontanément du côté de l’ordre. A l’époque, il n’y avait rien entre l’extrême droite et l’extrême gauche. Je n’ai pas un regret, Occident, c’était un engagement anticommuniste dans lequel je me reconnais toujours. C’est une époque révolue, il en reste une sorte d’amitié liée à l’adolescence. Ne tombons pas dans le piège de la béatification de l’extrême gauche et de la diabolisation de l’extrême droite. »
  • Pour François d’Orcival : « J’étais à la FEN -Fédération des étudiants nationalistes-, de 1962 à 1964. Cela correspond à des convictions de jeunesse, au bouillonnement des 20 ans. Je n’ai pas à renier cette époque, et il n’y a rien qui soit indigne. En 1962, j’avais été interné dans un camp, car j’étais Algérie française. Nous étions antimarxistes, mais je n’ai pas fait partie d’Occident. Je n’ai jamais été un extrémiste. Je ne suis pas un ancien combattant, et je suis journaliste depuis quarante ans. Tout ce que je peux dire, c’est que de Gaulle avait raison. »
  • Pour Didier Schuller : « Je suis entré à la Corpo de droit à Assas en 1964. J’étais un militant d’occasion qui fait le coup de poing. J’étais très Algérie française, mais si je ne suis pas allé à Occident, c’est que je ne voulais pas être le "juif" de ce mouvement. Je suis vite revenu vers des choses plus raisonnables, et en 1972, je suis entré dans les cabinets ministériels. »
       

    Notes [modifier]

    1. En mars 1963, la direction de la FEN avait décidé de renoncer à l’activisme, décision contestée par plusieurs membres.
    2. La direction de la FEN donne les raisons de cette exclusion collective :
      « Cette décision a été prise après diverses tentatives (…) de s’emparer des fichiers nationaux de la FEN, de créer des activités fractionnelles, à la suite d’une personnalisation systématique des problèmes et d’un activisme détraqué. Ces éléments se sont placés sous l’autorité d’éléments adultes avec lesquels nous n’avons aucun rapport autre que des relations purement politiques, et qui ne peuvent en aucun lieu influer au sein de notre organisation : MM. Pierre Sidos et Georges Maillet. Ils tentent actuellement de créer le trouble parmi certains amis de province, et de mettre sur pied un pseudo-Front universitaire européen qui change de nom tous les trois jours. » (FEN presse, circulaire, 18 février 1964) ; cité dans Frédéric Charpier, Génération Occident : de l’extrême droite à la droite, éd. du Seuil, 2005, pp. 79-80.
    3. Frédéric Charpier, op. cit., encart photographique n°2.
    4. Tract distribué lors d’un raid d’Occident et de la FEN à la Sorbonne en mars 1966 (cf. Frédéric Charpier, op. cit., p. 114).
    5. Occident université, n° 3, non daté, cité dans Joseph Algazy, L’extrême droite en France de 1965 à 1984, p. 47.
    6. Occident université, n° 5, 15 février 1965

    Bibliographie [modifier]

    • Joseph Algazy, La Tentation néofasciste en France. 1944-1965, éd. Fayard, 1984 ;
    • id., L’Extrême droite en France de 1965 à 1984, éd. de L’Harmattan, 1989, rééd. 2000.
    • Frédéric Charpier, Génération Occident : de l’extrême droite à la droite, éd. du Seuil, 2005

    Lien externe [modifier]

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