www.guidealtern.org
 
  —> Index du site guidaltern.org

" Pause ... "

"sommaire"

"plan"

@ Contactez-nous !

@ Découvrir les éditions Le P’tit Gavroche : origines & présentation @ Passe-rêves : cyberlettre d’informations alternatives Collection Ecocités (guides écorégionaux) : Collection Ecopilotes (guides thématiques) : Dates, Calendrier & agenda : Espace Presse, journalistes Fiches-guides + Catalogue général Ressources alternatives, médias alternatifs & liens Sobriété heureuse et simplicité volontaire
 
Recherche :

 
Dans la même rubrique

Autres articles :
L’affaire des diffamations prononcées par Mr Vincent Cheynet, directeur de publication du journal "La Décroissance/Casseurs de Pub"
La décroissance n’est pas une marchandise : à propos de Casseurs de Pub...
Le "Parti Pour la Décroissance" soutient le pyromane Sarkozy ...
Les raisons et le contexte de cette histoire des diffamations prononcées par Mr Vincent Cheynet, directeur de publication du journal "La Décroissance/Casseurs de Pub"
Lettre ouverte à Mr Vincent Cheynet, Directeur de publication du journal « La Décroissance », ...
Nouvelles diffamations de la part de M. Vincent Cheynet, directeur de publication du journal "La Décroissance"
Serge Latouche déçu par la création du "Parti pour la décroissance"
Un courriel d’injures et d’insinuations graves, envoyées par Mr Vincent Cheynet

 
 
 
Quand des Casseurs de Pub se croient propriétaires du concept de "décroissance"...


.... et en profitent pour mentir à propos de l’Appel de Raspail

samedi 20 mai 2006, par Esteban


Controverse sur le communiqué « La décroissance, pas la barbarie ! » du journal bimestriel "La Décroissance" et de "l’IEESDS"


Ce texte est extrait du site decroissance.info : un site participatif, critique, constructif, avec un forum.

Téléchargez cet article pour le diffuser. (PDF, 121.8 ko) sur http://www.decroissance.info/Controverse-sur-le-communique-La

**********************************************************

-  Controverse sur le communiqué « La décroissance, pas la barbarie ! » du bimestriel "La Décroissance" et de "l’IEESDS"

1) L’Appel de Raspail n’a pas été écrit « au nom de la décroissance » contrairement à ce que prétend le communiqué.

Une lecture attentive de l’Appel de Raspail fait apparaître que le terme “décroissance” est complètement absent de ce texte.

Est-ce une erreur ou un amalgame ? Dans l’esprit des rédacteurs du communiqué tous ceux qui critiquent la croissance le font-ils nécessairement « au nom de la décroissance » et doivent-ils leur en rendre compte ?

2) L’Appel de Raspail n’est pas plus « ultra-libéral » que « libertariste » ( ?) contrairement à ce que prétend le communiqué.

Le “libertarisme” évoque les courants d’extrême droite opposés à l’Etat fédéral aux USA. Les ultra-libéraux défendent le capitalisme et sont opposés à l’intervention de l’Etat dans le fonctionnement de l’Economie de marché et non à l’Etat lui-même, dont ils réclament au contraire l’intervention ferme et déterminée de sa police, de son armée, de ses tribunaux et de ses prisons pour garantir la propriété privée des moyens de production et l’ordre public, c’est-à-dire la dépossession généralisée de chacun sur les moyens de son existence qui rend nécessaire la soumission du plus grand nombre au salariat, lequel rend possible l’exploitation des salariés et la logique de profit et d’accumulation capitaliste.

Une lecture attentive de l’Appel de Raspail fait apparaître que les auteurs de ce texte ne peuvent de toute évidence se rattacher à aucun de ces deux courants. L’Appel de Raspail est de manière évidente anti-capitaliste et serait plutôt d’inspiration libertaire ou anarchiste ; l’accent mis sur la responsabilité de l’industrie dans la crise actuelle de la survie le rattacherait plus sûrement à la mouvance “anti-industrielle” initiée par l’Encyclopédie des Nuisances et René Riesel à l’occasion de l’opposition aux OGM à partir de 1998.

Peut-on se tromper à ce point sur les positions politiques des auteurs de l’Appel de Raspail, ou ne s’agit-il pas plutôt d’une volonté délibérée de semer la confusion idéologique en assimilant toute critique de l’Etat et de la démocratie parlementaire à l’ultra-libéralisme ?

3) « Que la crise s’aggrave ! » est le titre d’un livre de François Partant éditée aux éditions Paragon en 2002 avec une préface de José Bové et une postface de Serge Latouche. Les auteurs du communiqué s’en souviennent-ils ? Si oui, pourquoi avoir cité cette phrase sans plus de critique ou d’explications ? Faut-il y voir une attaque oblique dirigée vers La Ligne d’Horizon, les amis de François Partant dont Serge Latouche a été ou est encore président, lequel avait critiqué la création du Parti pour la Décroissance ?

4) La citation d’Henri Lacordaire, religieux de l’ordre des dominicains, (1802-1861), vient appuyer les phrases qui vont suivre dans le communiqué, mais en fait elle pose plus de questions qu’elle n’apporte de clarifications. Et notamment, « Une décroissance démocratique, équitable et humaniste » implique-t-elle le maintient des inégalités de richesse (et donc le maintien du pouvoir de l’argent et du caractère illimité et sacré de la propriété privée) telles que nous les connaissons aujourd’hui, qui rendrent possibles des rapports de subordination entre « le maître et le serviteur » ? Implique-t-elle donc également le maintien des rapports de subordination, de soumission et d’obéissance entre « le maître et le serviteur », entre le patron et l’employé, entre le propriétaire et le locataire, entre le policier et le citoyen, entre le chef de parti et l’adhérent de base, etc. ? Quel changement social, ou plutôt quelle absence de changement social se cache derrière cette citation ? Voilà ce que l’on est en droit de se demander.

Une lecture attentive de l’Appel de Raspail fait apparaître une autre vision des « rapports humains » : y sont dénoncés justement les « emplois de serviteurs », les « créateurs d’emploi » présentés par la gauche comme les « bienfaiteurs de la collectivité » ; bref, la critique du salariat est présente de manière assez claire et la citation de Lacordaire n’en est que plus déplacée.

5) Et voici maintenant le plat principal :

« La loi et l’État existent pour garantir/protéger les plus faibles » écrit le communiqué.

a - C’est là la justification théorique de l’État et du Droit.

C’est une vision idéalisée, une justification “publicitaire” pourrait-on dire, que ces deux institutions propagent sur elles-mêmes. Il faut être bien naïf et très ignorant pour la prendre au pied de la lettre, car historiquement, depuis 200 ou 300 ans que l’Etat-nation existe dans la forme juridique que nous lui connaissons aujourd’hui, l’humanité - pour son plus grand malheur - a pu constater exactement tout le contraire.

L’État et le capitalisme ont toujours étroitement associés leur puissance militiaire, policière, juridique et économique pour détruire les formes d’organisation traditionnelles ou auto-instituées de la société, et pour s’opposer ou récupérer les formes d’autonomie que les groupes sociaux ont cherché à recréer. Qu’il s’agisse des enclosure qui ont détruit les communautés rurales en Angleterre au XVIIIe siècle, de l’abolition des corporations et de l’interdiction de toutes les associations ouvrières en France au XIXe siècle (Loi Le Chapelier), de la répression féroce des luddites (cf. Edward P. Thompson, La formation de la classe ouvrière anglaise, 1967) dans toute l’Europe au XIXe et début du XXe siècle qui a détruit toutes les communautés d’artisans, ou encore, plus proche de nous, les politiques de développement des Etats du tiers-monde comme l’Inde ou la Chine qui liquident partout la paysannerie et viennent gonfler les bidons-villes de miséreux ou remplir les usines de main d’œuvre à bon marché, il est évident que sans l’intervention de l’Etat, sans la codification juridique de la propriété privée des moyens de production, l’économie capitaliste avec son marché abstrait n’auraient jamais existé, n’auraient jamais pu se “désenchasser” (Karl Polanyi, La grande Transformation, 1940) du social et se constituer en puissance autonome qui domine et détermine toute l’organisation sociale.

Que les sociétés traditionnelles et leurs institutions aient été elles-mêmes parfois sclérosées et oppressives, personne ne le nie, personne n’en fait des sociétés idéales ; mais cela ne justifie pas non plus leur destruction systématique par leur colonisation à des fins “civilisatrices” et l’imposition de la propriété privée comme rapport juridique à leurs moyens d’existence. Que les États en Europe aient promulgué une législation du travail, une protection sociale, etc. personne ne le nie non plus ; mais il faut se souvenir que c’est sous la pression d’une classe ouvrière nombreuse, qui constituait une force sociale menaçante pour l’ordre bourgeois et l’économie capitaliste, que ces droits ont été reconnus et ces lois votées. Il faut se souvenir aussi que ce n’est pas sans arrières-pensées que l’État, par exemple, à préféré prendre en charge lui-même l’éducation des classes populaires plutôt que de la laisser aux mains des structures émanant de l’auto-organisation des prolétaires ou des populations - afin d’assurer la pérénité de l’Ordre, de l’Autorité et de la Loi d’abord dans les consciences.

Enfin, c’est bien parce qu’en occident, après la Seconde Guerre Mondiale, durant les “trente glorieuses”, cette classe ouvrière a été désarmée par sa représentation politique (les staliniens et la social-démocratie), achetée par l’Etat-Providence et par l’abondance marchande, qu’elle ne constitue plus une force sociale cohérente avec des buts politiques précis, que depuis un quart de siècle ces “acquis sociaux” sont remis en question par la vague libérale qui accompagne la mondialisation de l’économie.

Par ailleurs, on ne peut oublier non plus que le XXe siècle a suffisament montré que ceux qui voulaient prétenduement « protéger les plus faibles » avec l’appareil d’État ont abouti aux systèmes totalitaires les plus effroyables, à côté desquels les empires les plus sanguinaires du passé font pâle figure. Hitler, Mussolini ont fondé leur propagande sur les idées nationales et socialistes (les socio-démocrates, en Allemagne, ayant précédement écrasé dans le sang la révolution spartakiste). Staline, Mao et tous les partis communistes ont repris à leur compte toute la rhétorique marxiste qui promettait aux prolétaires des lendemains qui chantent... Tous ces gens voulaient sincèrement le bonheur de leurs peuples (souvent au détriment d’autres peuples...), ils ont modernisé, industrialisé leur pays à marche forcée et dans des proportions gigantesques. Résultat, des monceaux de cadavres, des souffrances innombrables, des destructions immenses.

Et tout cela n’aurait pas été possible sans l’appareil de l’État, « le plus froid des monstres froids » (Hegel) ( - cette citation ne serait-elle pas plutôt de Nietzsche ? note d’esteban - ), sans qu’à chaque étape, un fonctionnaire docile et zélé fasse soigneusement le travail que ses supérieurs hiérarchiques lui demandent, pour lequel ils l’ont formé et conditionné idéologiquement avec une certaine conception du “bien public”.

Comment peut-on croire encore après tout cela que l’État n’est qu’une machine complètement neutre à la tête de laquelle il suffirait de mettre de “bons” dirigeants pour qu’il fasse une “bonne” politique ? Si l’État était vraiment cette machine neutre - construite sans a priori, ni pour libérer ni pour opprimer - cela veut dire que sa base est et reste le fonctionnaire : l’individu réduit à l’état de rouage sans conscience ni responsabilité autre que celle des ordres que ses chefs lui ont donné et du cadre étroit que l’autorité a fixé à son action. Bien sûr, et heureusement, tous les fonctionnaires ne se laissent pas réduire à leur fonction prédéfinie ; ils disposent d’une marge de manœuvre qui s’amenuise à mesure que le reste de la société se bureaucratise et à mesure des progrès technologiques dans le contrôle et la rationnalisation des procédures (les ordinateurs servent à ça dans les administrations et les entreprises). Mais qui ne voit que, pour peu que chacun d’entre-eux fasse preuve suffisament de docilité, d’aveuglement, d’idéologie, ou n’ait pas trop brutalement les conséquences de ses actes sous les yeux (cf. Günther Anders, L’obsolescence de l’homme), c’est précisement l’obéissance à l’autorité et la déresponsabilisation que provoquent les tâches parcellaires qui ont ouvert la voie à toutes les horreurs et à tous les désastres, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui.

Si l’homme est capable du mal - et on a vu jusqu’à quel point au siècle précédent -, la machine est capable du pire ; l’être humain réduit à l’état de rouage pour faire fonctionner une machine est l’aliénation à l’origine de tous les désastres.

b - Mais, comme disait Lénine qui avait théorisé la décroissance de l’État Bolchévique, du passé faisons table rase !

Exit les analyses d’Ellul sur L’illusion politique (1965), dehors Partant et La fin du développement (1981), ou Charbonneau et son analyse de L’Etat (Le système et le chaos, 1949), à la niche Illich et sa critique des institutions (Libérer l’avenir et La convivialité), vade retro Orwell et sa critique du totalitarisme (1984 et La ferme des animaux, 1948), à la trappe Thoreau, etc. Tous ces auteurs ont été cités par le journal La Décroissance dans la rubrique « pères de la décroissance » et manifestement les rédacteurs du communiqué sont bien décidés à ne pas se laisser impressionner par toutes ces vieilles barbes poussièreuses et à les renvoyer illico presto aux poubelles de l’histoire - d’où on comprend finalement que les rédacteurs de La Décroissance ne les en ont sorti que pour se donner une teinture d’idées qui masque leur ignorance, un vernis intellectuel qui sert à donner du brillant au néant de leur pensée.

On comprend mieux pourquoi l’IEESDS et le journal La Décroissance ont fait de Nicholas Georgescu-Roegen leur “penseur” de référence (c’est de lui que vient l’expression “la joie de vivre”) : au moins c’est quelqu’un de propre sur lui, un vrai économiste - même si l’économie est une fausse science ! - qui a failli devenir Prix Nobel, s’il vous plait. Il représente donc le discours de “La Science”, du savoir Autorisé qui vient apporter sa caution institutionnelle à la notion de « décroissance ». En bon scientifique, il ne mélange pas les torchons et les serviettes contrairement aux autres : il reste bien sagement dans sa spécialité “scientifique” avec ses belles petites équations qui font sérieux, il ne se mêle pas de politique, de social ou d’histoire, il ne critique ni le capitalisme ni les institutions, etc. ; bref, il est gentil et ne mord pas la main qui le nourrit. Il demande simplement à ses collègues de tenir compte de ses travaux, aux dirigeants de ne plus se payer de mots, de devenir lucides et responsables, et nous assène tous les clichés et les mots creux de l’humanisme bien pensant qui n’engage à rien... Essayez de lire « La décroissance, Entropie - Écologie - Économie » (1979, éd. Sang de la Terre, 1995) : ça pue la cybernétique, c’est à mourrir d’ennui.

c - Il est toujours rassurant d’avoir une autorité derrière soi.

Une autorité à laquelle faire référence, de nos jours de préférence scientifique, pour pouvoir dire « Vous voyez, je ne vous raconte pas n’importe quoi : je dis la même chose que le professeur Machin avec ses diplômes long comme le bras, c’est donc que c’est du sérieux ! » A-t-on besoin de NGR pour affirmer qu’une croissance économique infinie est impossible dans un monde aux ressources finie ? Evidement non, c’est simplement une affaire de bon sens. Le fait que cette constatation de bon sens ait été étouffée depuis trente ans et plus pose d’autres questions, nécessite d’autres analyses que l’on trouve chez d’autres auteurs qui n’ont pas eu besoin de la caution d’une institution (même s’ils ont parfois travaillé dans ou en marge des institutions), d’avoir un diplôme ou se référer à une “science” pour analyser le monde moderne et dire ce qu’ils en pensaient et comment ils le voyaient. Ce sont tous les auteurs que le journal La Décroissance cite pour mieux oublier aussitôt ce qu’ils ont avancé et avec quels arguments.

Il faut donc faire une différence entre l’autorité conférée par la reconnaissance des pouvoirs établis et l’autorité conférée par la reconnaissance de la justesse des arguments, la pertinence des analyses et la relation exacte des faits. Quand un Professeur Faurisson prétend avoir “démontré” que les chambres à gaz n’ont pas existé, il joue sur l’autorité que lui reconnait l’institution universitaire pour faire accroire ses falsifications et ses mensonges - et le plus fort est qu’il y a eu des pauvres crétins d’extrême-gauche pour le croire ! Quand je cite des historiens, que je fait référence à Partant, Illich et les autres, c’est à l’appui de ce que j’affirme ici dans ce texte - des analyses et des arguments que l’on peut croire connus de ceux qui écrivent dans La Décroissance puisqu’ils y font également référence. L’autorité de ces auteurs est autonome à tout pouvoir institué (même si elle peut parfois être formulée dans un cadre institutionnel), elle se reconnaît à la vérité de leurs propos. Cette vérité s’éprouve et s’impose non en rapport avec la puissance d’une institution, mais par des éléments eux-mêmes flous et incertains : la discussion collective et l’échange d’arguments, le temps et la concordance avec les faits historiques, le recoupement des analyses avec celles d’autres auteurs, les valeurs et la conception de la vie que les idées impliquent, etc. Travail patient, long et incertain qui demande l’exercice perilleux du doute et de l’esprit critique, qui contient donc le risque de l’erreur.

Il est donc beaucoup plus facile et plus rassurant de s’en remettre à une autorité qui dispose déjà d’un pouvoir établi et considérable (“la Science”, par exemple) que d’affirmer ses propres idées et pensées issues de la réflexion personnelle à partir d’une appropriation des analyses et arguments d’autorités autonomes. La soumission et l’obéissance sont bien moins exigeantes que la liberté et l’autonomie. Être autonome « c’est la capacité d’agir selon les nécessités et les désirs que l’on a reconnu comme étant les siens propres, indépendamment des règles de conduite suggérées par une autorité extérieure. Elle est la condition de la liberté de l’homme qui, par l’effort de sa réflexion propre, se donne à lui-même ses principes d’action. » (Notes & Morceaux Choisis, bulletin critique des sciences, des technologies et de la société industrielle, n°1 sur )

Qu’il faille des lois, des règles pour vivre en commun, c’est évident. Qu’il faille une organisation de la société pour que chacun puisse vivre décemment, personne ne le conteste. Mais nulle part dans ce communiqué très court (et encore moins dans le précédent sur les émeutes des banlieues en novembre 2005) ont peut apercevoir que ses rédacteurs défendent autre chose que les formes actuelles du Droit et de l’Etat qui, comme on l’a vu, ont été, sont et seront toujours aliénantes et oppressives. L’auto-organisation des individus en associations, groupes, collectifs et communautés afin de prendre en main leur conditions d’existence semble bel et bien l’angle mort de la vision politique du journal La Décroissance.

En témoigne le “débat” sur l’opportunité et la pertinence de se présenter aux élections qui a eu lieu dans le numéro de juin-juillet et de décembre 2005. Caricature de débat puisque ceux décidés à créer leur Parti pour la Décroissance ont traité par le mépris le plus profond les arguments qui leur étaient opposés, se contentant d’exposer leur propres conceptions sans visiblement vouloir les discuter un seul instant (et en traitant leurs opposants de « faux-rebelles » - on pense immédiatement à tous les « vrais rebelles » qui ont voté Chirac en 2002 !). Là aussi, il semblerait que pour les partisans de la participation aux élections les choses soient très tranchées : d’un côté il y a les choix et l’action individuelle, au mieux associative, qui relèverait en quelque sorte de la vie privée (les “modes de vie décroissants” que le journal illustre abondamment à chaque numéro), et de l’autre coté “l’action publique” qui semble pour eux se réduire... à voter aux élections. Entre les petits gestes pour “économiser la planète” et le bulletin de vote, l’espace public ou se déploie une activité politique (cf. Hannah Arendt) a complètement disparu de la perspective des rédacteurs de La Décroissance.

Qu’aujourd’hui cet espace public soit effectivement extrêmement réduit ne fait aucun doute (la télévision, l’aménagement des villes en fonction des nécessités de circulation automobile, la désertification des campagnes, l’urbanisme concentrationnaire, etc. ont contribué à réduire à presque rien les lieux de sociabilité, cf. Christopher Lasch), mais faut-il pour autant entériner ce fait accompli en faisant comme s’ils n’avaient jamais existés ? Et surtout comme s’il était vraiment impossible d’essayer d’en recréer ?

Là où des individus se rassemblent pour discuter des affaires les concernant collectivement, là se crée un espace public et commence une activité politique, une activité où les “affaires de la cité” (polis) sont débattues et décidées. C’est manifestement cette capacité autonome à faire de la politique, hors des institutions établies, hors de tout cadre légal, que certains rédacteurs du journal La Décroissance ont beaucoup de mal à imaginer, voire peut-être même simplement à accepter.

Autrement dit, ils ont profondément intériorisé le point de vue du pouvoir d’Etat qui ne peut tolérer aucun pouvoir indépendant, incontrôlable et autonome à côté de lui. En témoigne le peu de place accordé dans le journal, aux luttes sociales, aux mouvement d’opposition aux nuisances (1/5 de page sur la vallée de Susa contre 4/5 de page sur “la décroissance chez les riches” en février 2006), aux manifestations, aux occupations, etc.

Ces mouvements sont présentées le plus souvent comme l’illustration des méfaits du système, non comme un encouragement à tenter de s’organiser pour s’y opposer autour de thèmes nouveaux avec des stratégies différentes. Dans l’esprit de certains, trop habitués à penser en termes de “publicité”, il doit s’agir certainement d’une simple “agitation spectaculaire”, non de nouvelles manière de faire de la politique...

On ne peut pas revendiquer la liberté et l’autonomie sans poser la question politique du pouvoir et la question sociale du rapport à l’autorité. Des problèmes sont débattus, des solutions sont proposés, des décisions sont prises, qui va les exécuter, sur la base de quel pouvoir. A la lecture des propositions faite dans le journal La Décroissance pour sortir de la crise de la survie actuelle, cette question du pouvoir n’est jamais abordée ; il semble aller de soi qu’un État fort, capable de dominer l’économie et non plus d’être dominée par elle, est le préalable pour les mettre en œuvre. Voilà ce que confirment explicitement les rédacteurs du communiqué et qui évoque immédiatement la dérive autoritaire vers une gestion écolocratique.

Qui exerce le pouvoir, comment et avec quel mandat ? Quel est le rapport des individus à l’autorité ? La notion d’autonomie appliquée en politique contient implicitement la capacité de remettre en question l’exercice du pouvoir et la légitimité de l’autorité.

Les collectivités ne doivent pas seulement être autonomes au plan matériel ; être capable de produire ses conditions d’existence implique d’être capable de déterminer sa propre organisation et ses rapports avec les autres collectivités sans l’intervention d’une autorité supérieure détenant un pouvoir séparé de ceux sur qui il s’exerce - on peut appeler cela la démocratie directe.

L’autorité ne peut pas être légitime a priori, la puissance ne peut plus être séparée du pouvoir que chacun exerce dans les affaires publiques par son activité productive et politique. Réenchasser l’économie et la technique dans la société est indispensable pour empêcher les effets de concurrence qui entraînent la course à l’accumulation indéfinie de puissance, l’exploitation et la domination des hommes et de la nature, la démesure et la tyrannie de la puissance (la domination des choses sur les hommes) qui en résulte.

Contrairement à ce que dit Ariès (bimestriel La Décroissance de septembre 2005) les règles que les groupements humains doivent se donner ne doivent pas servir à créer des auto-limitations, mais à assurer la capacité de remettre en question le pouvoir et l’autorité qu’ils ont eux-même institués et cela dans le but de préserver leur liberté et leur autonomie.

Dans le journal bimestriel La Décroissance, il y a encore un trop grand respect pour l’autorité, et comme l’illustre le communiqué un trop grand mépris pour l’auto-organisation des personnes, qui promettent tous deux une société aussi pacifiée que celle où nous vivons, où le conflit, l’affrontement, la polémique sont interdit parce que “pas constructifs”.

La société actuelle est pacifiée par le spectacle (cf. Guy Debord) - qui est et restera beaucoup plus efficace que le l’auto-rationnement moraliste - qui occupe l’espace public et les consciences ; l’intelligence critique et l’imagination sociale s’étiolent faute de trouver des point d’appuis pratiques. Il faut affirmer au contraire, aussi paradoxal que ce puisse paraître, que sans discussions passionnées, sans polémiques, sans affrontements ni conflit, rien de durable ne peut se construire. La soumission et l’obéissance laissent aux pouvoirs et aux autorités toute latitude pour étendre la soumission et l’obéissance ; leur puissance peut alors s’accroître, s’étendre et s’accumuler autant qu’elle ne rencontre de limite. Et nous revoilà dans la même vieille gadoue...

d - Désolé, mais ces perspectives politiques ne sont pas pour demain.

Une chose est sûre, défendre l’État et la Loi nous prépare plus sûrement à la tyrannie des “éducateurs du genre humain” qu’à la liberté et à l’autonomie. Il n’y aura pas non plus de “décroissance dans un seul pays”, et de ce point de vue la crise de l’économie mondiale peut-être, comme le dit l’Appel de Raspail, une chance à condition d’être un peu préparé, d’avoir déjà créé les bases d’une survie autonome et d’avoir fait connaître nos initiatives en ce sens et leur raison d’être. C’est ce qu’il y a de plus urgent à faire aujourd’hui.

Il n’y a pas besoin pour cela de médias avec publicitaires recyclés dans l’anti-pub, ni de partis politiques avec politologues aux idées moisies. La politique ne doit pas être faite par un appareil régit par des lois mécaniques, mais par des hommes vivants, conscients, critiques et attentifs aux conséquences de leurs actes sur l’ensemble des aspects de leur vie.

Et ça ne sera pas de la tarte que l’on reçoit tout cuit dans le bec.

« Avant que l’énergie ne désigne cette grandeur abstraite capable de produire un travail et de faire mouvoir les machines, ce mot désignait plutôt la « force et fermeté dans l’action qui rend capable de grands effets » (Le Robert). C’est plutôt de cette énergie-là dont nous manquons cruellement aujourd’hui pour prendre de nouveau nos affaires en mains et pour faire échec à cette tyrannie de la puissance.

6) « La décroissance ne doit pas servir à légitimer les discours de précarisation ou de chaos social, bien au contraire. »

On a vu (1) que l’Appel de Raspail ne se réclame pas de la décroissance. On a vu également (4) que l’Appel de Raspail ne cherche pas à « légitimer la précarisation » mais dénonce la soumission au salariat et invite à la critique du travail et des produits du travail. Une lecture attentive de l’Appel de Raspail fait apparaître qu’il n’appelle pas plus à « légitimer le chaos social », mais au contraire, dans son dernier paragraphe, à l’auto-organisation des personnes sur d’autres bases que celles de la société actuelle en « constituant des milieux de vie où l’on puisse produire ses moyens de subsistance ». La référence à François Partant, « Que la crise s’aggrave ! », ne peut que renforcer cette interprétation (voir le chapitre 9 de « La fin du développement », 1981).

On peut se poser la question de savoir si les auteurs du communiqué ont réellement lu l’Appel de Raspail ou bien si, l’ayant effectivement lu, ils ne cherchent pas à dessein à en déformer le contenu aux yeux de leurs lecteurs et adhérents. Dans le premier cas, on est bien obligé de conclure que l’on a affaire à des imbéciles. Dans le deuxième cas, on est bien obligé de conclure que l’on a affaire à des crapules qui prennent les gens pour des imbéciles.

7) L’occupation de l’EHESS a semble-t-il rassemblé différents groupes et divers individus d’origine politique et de motivations très variées. Des dégradations ont été commises, c’est regrettable, mais ce n’était pas le but de l’occupation qui était d’ouvrir un espace public ou puisse avoir lieu des activités politiques. Un slogan « Mort à la démocratie » a été tagué par un imbécile sur un mur, parmis d’innombrables autres (voir sur le même site les autres photos), il a été particulièrement repris par la télévision et les journaux dans le but de discréditer cette occupation.

Une lecture attentive de « l’Appel de Raspail » ne fait apparaître aucun élément qui puisse l’assimiler à ce tag et à ces dégradations très médiatisées. Néanmoins, les rédacteurs du communiqué cherchent délibérément à amalgamer les auteurs des dégradations et l’auteur de ce tag aux auteurs de l’Appel de Raspail en condamnant ensemble les uns et les autres.

Il est assez curieux de voir ces défenseurs del’Etat et de la Loi pratiquer une manœuvre que seuls des Étatstotalitaires ont pratiqué, et qui n’existe fort heureusement pas dans la théorie du droit moderne, à savoirimputerà des personnes une responsabilité collective. Si des casseurs commentent des dégradations dans une manifestation, la police ne peut pas arrêter des manifestants au hasard pour que la justice leur en fasse porter la responsabilité. Autrement dit, chacun est personnellement responsable de ses actes, on ne peut imputer à quelqu’un la responsabilité des actes d’autrui et toute personne est innocente jusqu’à preuve du contraire. Au Parti pour la Décroissance [1], à l’IEESDS, à La Décroissance, le journal de la joie de vivre (dans l’ordre et la discipline ?), il en va tout autrement : les personnes ou les groupes qui ont le malheur de leur déplaire sont, à l’aide d’amalgames grossiers et sans aucune preuve, responsables de tout ce que l’on peut leur mettre sur le dos...

C’est peut-être ce qui s’appelle la « décroissance équitable » de la justice... A propos de démocratie On peut se demander qui et avec quel mandat a écrit et diffusé ce communiqué non signé et non daté. On cherchera en vain sur les sites internet ou dans leurs publications quel sont les personnes a qui sont dévolues cette tâche délicate, les conditions dans lesquelles elles sont nommées et les conditions d’exercice de leur mandat - le comité de soutien du journal "La Décroissance" a-t-il donné son accord à la diffusion d’un tel communiqué ? Il en est de même pour le Parti pour la Décroissance au fonctionnement encore plus opaque s’il est possible : nulle part n’est mentionné qui l’a créé, qui en assure la direction, comment son responsable et son porte-parole sont nommés, selon quelles modalités, avec quel mandat, etc.

C’est probablement ce qui s’appelle « faire de la politique autrement »... Plus comique encore, ce Parti qui prétend sur son site être né « suite aux Etats-généraux de la décroissance équitable qui se sont déroulés le 15 octobre 2005 à Lyon », qui au vu des textes disponibles sur ce même site a déjà une espèce d’activité depuis plusieurs mois (voire quelques années, puisque, bien que ce ne soit pas dit explicitement, il n’est qu’un clone rafraîchi d’un parti nommé Écolo également de Lyon), qui a publié un premier communiqué sur les émeutes des banlieues de novembre 2005 qui mériterait également des commentaires détaillés. Ce parti politique qui se réclame de la démocratie et dont on ne sait qui le dirige ni comment (c’est probablement un moyen pour « Ecarter les tentations carriéristes » comme il est dit dans la présentation disponible sur le site) verra son assemblée constituante, qui déterminera enfin ses statuts et son organisation, sièger le 8 avril 2006 à Dijon.

Espérons que les adhérents à jour de leur cotisation en apprendront enfin un peu plus sur les mystérieux chefs autoproclamés qui dirigent ce parti depuis six mois et que les statuts qui seront soumis à leur vote leur concéderont quelques éclaircissement sur la manière dont sont rédigés ces si instructifs communiqués ou... programme politique ?

En Conclusion Il faut saluer l’immense talent, la colossale habilleté politique des auteurs du communiqué : alors que depuis maintenant deux mois la jeunesse de toute la France est mobilisée contre des lois qui « légitiment la précarisation », contre un gouvernement indifférent au « chaos social » qu’il engendre avec une telle politique et qui foule aux pieds les règles les plus élémentaires de la démocratie parlementaire, ces messieurs ne trouvent rien de mieux à faire qu’étaler leur mesquinerie de petits propriétaires d’une idée mal dégrossie, qu’exprimer leur allégeance à l’État et à la Loi et a se montrer plus soucieux des dégradations commises à un bien dit “public” (en réalité, une propriété de l’État, ce qui est tout autre chose aujourd’hui qu’un « bien collectif ») que du saccage des existences que préparent ces lois scélérates inspirées par une Commission Européenne toute entière acquise au culte de « la concurence libre et non faussée » (cf. Le Monde Diplomatique, avril 2006).

Voilà donc des prises de positions courageuses, ouvrant des perspectives d’avenir propre à susciter l’enthousiasme de la jeunesse pour l’idée de décroissance... Nous ne pouvons donc, à notre tour, qu’exprimer notre plus profond dégoût devant ces basses manoeuvres de petits politichiens, remplis de ressentiment à l’encontre de tous les gens qui ont des idées politiques un peu moins brumeuses qu’eux.

La misérable miette de pouvoir que leur sinistre Parti pour la joie de vivre est sencée leur conférer, ils veulent la protéger contre ceux qui ne sont pas, comme eux, confits en dévotion pour l’Ordre, l’Autorité et la Loi. Qu’ils se rassurent, personne ne viendra leur voler leur os à ronger. Nous avons pleine et entière confiance en leur bêtise pour qu’ils parviennent à se discréditer eux-mêmes devant leur public. Ils viennent de l’illustrer magistralement avec ce communiqué.

Plus de Parti, plus d’État, pour profiter de nos combats ! A bas le capitalisme ! A bas la servitude volontaire !

A bas la tyrannie de la puissance ! Vive la liberté et l’autonomie !

Un opposant à la décroissance... de l’esprit critique.

Jacques Hardeau - avril 2006 That’s all, folk’s !!!

[1] Tel qu’il était avant sa constitution officielle le 8 avril 2006.

NDLR - Le site dont est extrait ce texte est ici :

 [http://www.decroissance.info/Controverse-sur-le-communique-La->http://www.decroissance.info/Controverse-sur-le-communique-La]

le jeudi 20 avril 2006 par Jacques Hardeau --------------------------------------------------------------------------------

Répondre à cet article Forum > Controverse sur le communiqué « La décroissance, pas la barbarie ! » du journal La Décroissance et de l’IEESDS.

24 avril 2006, par ivani

Juste un point de détail : Jacques Hardreau cite le livre de François Partant "Que la crise s’aggrave" en faisant référence à la réédition de 2002. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que l’édition originale, parue chez Solin, date de 1978. Il est très vraisemblable que les auteurs de l’appel de Raspail y fasse référence, mais il n’est pas certain que les auteurs du communiqué du journal "La décroissance" et de l’IEESDS aient perçu l’allusion. Répondre à ce message > Controverse sur le communiqué « La décroissance, pas la barbarie ! » 20 avril 2006 Le Parti pour la décroissance (avant sa constitution officielle le 8 avril 2006) et le site de MM. Clémentin et Cheynet http://decroissance.org ont diffusé ce communiqué de l’IEESDS et du journal La Décroissance, en réponse à l’Appel de Raspail écrit par quelques occupants de l’Ehess. Jacques Hardeau répond ci-dessus à ce communiqué. La décroissance, pas la barbarie ! Un « Comité Pour la Désindustrialisation du Monde » a occupé « entre l’aube du 21 mars 2006 et le milieu de la nuit suivante » le Centre d’Etude des Modes d’Industrialisation à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, boulevard Raspail, à Paris. Ce comité a produit un communiqué le vendredi 24 mars 2006 intitulé l’Appel de Raspail au nom de la décroissance dont nous tenons à dénoncer le caractère ultra-libéral présenté sous le masque du libertarisme : « Nous pensons qu’un mouvement social conséquent doit se donner pour but d’aider l’économie à s’effondrer. (...) un rejet résolu de l’Etat et de ses représentants, qui seront presque toujours des obstacles à nos projets d’autonomie. (...) Que la crise s’aggrave ! » (voir ici). Or, « Entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » Henri Lacordaire. Une décroissance démocratique, équitable et humaniste passe d’abord par le souci des plus faibles. La loi et l’Etat existent pour les garantir. La décroissance ne doit pas servir à légitimer les discours de précarisation ou de chaos social, bien au contraire. Pire encore, parmi le saccage d’un bien collectif commis à cette occasion, un slogan « Mort à la démocratie » a même été inscrit sur un mur (voir ici). Le journal La Décroissance, l’Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable expriment leur plus profond dégoût devant ces actes et ces propos. Répondre à ce message > Controverse sur le communiqué « La décroissance, pas la barbarie ! » 20 avril 2006, par Décroissant en doute... Tout à fait d’accord avec cette analyse !! Seulement, quelque chose me tracasse, si il n’y a plus d’état et qu’il n’y a que des collectifs autonomes et autogérés en france ce qui serait très bien et parfaitement décroissant, cela pose certains nombres de problemes au niveau de l’égalité entre les régions de france qui ne sont pas égales au niveau des ressources, si l’état disparait qui s’occupera de l’administration de la société ? Q’adviendra t-il des hopitaux ? que va devenir la médecine ? Je suis à fond pour la décroissance mais je suis encore jeune et peut être pas assez mûr à 18 ans pour comprendre comment tout cela est fisselé dans l’esprit des gens qui prône la suppression de l’état mais alors qu’on m’informe car je suis sûr que leur idéal de société est tres clair ! Comment nous allons vivre dans une société de décroissance ? Plus de mairies ? Plus de médecine ou une autre médecine ? et si oui comment ? d’ou va venir l’argent pour faire vivre les hopitaux ? les gens vont -ils travailler sans revenus ? L’éducation ? La décroissance propose un développement des bus, trains et transports conviviaux mais qui va entamer et payer des travaux pareils si l’état ne subventionne pas ces travaux ? car si on peut imaginer que les impots prélevés régionalement aillent aux régions que faire des régions qui sont peu peuplées ? Elles auront moins de soins ? moins de transports ? pour ceux qui sont à la campagne car il y a des personnes qui ne peuvent pas utiliser le vélo ! etc... Je veux bien croire à la décroissance mais si ce mouvement ne s’inscrit pas dans des propositions concrêtes pour la vie quotidienne des gens et pour le déroulement de la vie en france et ailleur il ne raliera pas les gens à sa cause, au contraire !Même à grand coup d’auteurs philosophiques et d’études(certes necessaires) Car il est tres bien de savoir ce qu’on ne veut pas (la pub, la marchandisation du vivant, l’état) mais si on veut que les gens se rallient à ce mouvement il faut qu’ on leur propose le remplacement en détails de leur mode de vie...et concrêtement ce qu’ils doivent faire ! Beaucoup ne connaissent pas la pensée philosophique ou ne la comprenne pas mais aspirent quand meme à vivre bien et tranquille en paix. Si je veux m’engager dans la lutte contre la publicité, la pollution, la croissance économique illimité, la pauvreté due à nos modes de vie que l’on tente d’universaliser, la marchandisation du vivants, le monopole des firmes multinationales, le "tout économie", le "tout argent", et la société actuelle déconnectée du vivant et de la nature,...etc, c’est louable et je me sens investi de ce devoir envers moi meme et les autres mais si je sais ce que je ne veux pas il est beaucoup plus dur de savoir par quoi le remplacer et si cela va fonctionner car il a quand meme des idees deja experimentees testées et qui marchent...mais qui ne peuvent pas s’appliquer partout et qui ne concerne qu’une petite partie de nos vies... Pour le moment voila mon sentiment sur la décroissance : Je suis d’accord sur le constat des problèmes qui ont amenés la création de ce mouvement mais la suite et les solutions ne sont pas assez variées et concretes pour convaincre les gens de s’impliquer dans la mise en place de la nouvelle société de décroissance. ouff ca fait du bien de ce décharger de tout ca ! qui peut m’aider ^^ ? Répondre à ce message > Controverse sur le communiqué « La décroissance, pas la barbarie ! » 21 avril 2006, par Mans salut à toi jeune padawan de 18 ans. je ne réponderais pas à toute tes questions ici. simplement, tu es au début d’un long chemin, il te faut répondre à toutes ces questions qui tourne dans ta tête, si nous avions eu une nuit, que dis-je, une semaine entière à se consacrer j’aurais pu te répondre... mais là... n’abandonne pas tes recherches, tu commences à peine, fouille, fouille, discute, en un mot, vie !! et tu auras les réponses à tes questions ;o) Répondre à ce message > Controverse sur le communiqué « La décroissance, pas la barbarie ! » 22 avril 2006, par Vivien J’ai participé à la marche pour la décroissance de l’été dernier, au cours de laquelle il m’a semblé que les débats ont pu être sains, éloignés des étiquettes, que les idées passaient et que chacun pouvait apporter sa petite pierre à l’édifice...peut-être aussi que c’était ma première immersion dans la sphère décroissante, que je ne connaissait pas les personnes qui y était déja depuis quelques années. Je suis juste déçu qu’on ait pas pu rester dans ce cadre d’élaboration d’un projet petit à petit, que certaines personnes aient décidé de coller une étiquette à la décroissance en créeant le parti, qui vu la virulence des débat ne fait VRAIMENT pas l’unanimité au sein des militants. Les adhérants au parti sont les premiers à dire qu’il ne faut pas imposer une vision de la décroissance, mais se rendent-ils compte que c’est précisément ce qu’ils sont en train de faire, consciemment ou non : tenter d’élever LEUR projet au rang de seul valable pour incarner la décroissance ?? J’ai l’impression que leur discours correspond un peu à "la décroissance c’est ça et pas autre chose", j’ai déja écrit à Vincent Cheynet par exemple pour répondre à l’un de ses articles dans le journal ou il assimilait ceux qui refusait la représentation politique à des "néo-pétainistes"... Anarchistes=fascistes, la critique est facile, fausse, et revient très souvent dans les discours comme le montre la polémique à propos de ce communiqué. Communiqué maladroit (tout comme celui sur les émeutes de banlieues), qui multiplie les amalgames et utilise des raccourcis hasardeux. Le débat, c’est aussi et surtout se remettre en question. Et bien continuons à débattre, mais que le parti prenne acte des critiques plutôt que de continuer tête baissé sur un chemin que nous sommes beaucoup à désapprouver, le mouvement et les idées risquent dans le cas contraires de se disloquer et de perdre tout le potentiel de créativité qu’il avait soulevé... ********************************************************

- Répondre à ce message La décroissance n’est pas une marchandise ! >

Controverse sur le communiqué « La décroissance, pas la barbarie ! »

18 mai 2006, par esteban

Bonjour à toutes ! Et bravo à Jacques Hardeau pour ces explications précises, et cette réponse face au communiqué mensonger des Casseurs de pub contre L’Appel de Raspail. Précision supplémentaire : certains "Casseurs de pub" sont tellement convaincus d’être les propriétaires du concept de "décroissance soutenable" qu’ils ont déposé ce concept comme "marque française" à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) ! Pour vérifier ceci, je me suis rendu sur le second site internet de l’INPI ([www.icimarques.com->www.icimarques.com]), et ai indiqué dans la case "déposant" les noms de Clémentin Bruno (administrateur de l’association Casseurs de pub) et de Cheynet Vincent (son directeur de publication). Et là : surprise ! Bravo à eux, vraiment, de la part de personnes qui critiquent la marchandisation de la société, chercher à "protéger" le concept de décroissance comme une vulgaire marchandise commerciale (de "marque française" !), c’est bien vu ! En outre, il n’y a pas "Une" décroissance ou "La" décroissance, car elles sont multiples : décroissance étatiste pour les Casseurs de pub, décroissance conviviale et plutôt écolibertaire dans la revue S !lence et chez Serge Latouche, "décroissance identitaire" pour les néo fachos d’extrême droite .. On retrouve d’ailleurs dans le mouvement pour la décroissance (pour les décroissances ?) les mêmes divisions que dans les groupes politiques : certains veulent un grand changement, une décroissance par le haut, d’autres par la base, d’autres sont près à des compromis avec certaines institutions ("commerce équitable" international, "développement durable" et autres oxymores !) . Même si nous ne sommes pas toutes d’accord sur la manière avec laquelle la décroissance devrait se pratiquer, la moindre des choses serait de ne pas se l’approprier, et de se serrer les coudes entre nous ! Que les Casseurs de pub commencent par retirer le dépôt commercial de ce concept de "décroissance soutenable" de l’INPI, en signe d’ouverture d’esprit, ce serait bien ! En plus je suis sûr qu’en y réfléchissant nous avons entre nous toutes plus de points communs que de points divergeants : l’envie de vivre sur une planète saine, envie de respirer de l’oxygène, aimer rire, aimer faire du vélo, l’envie de discuter et de débattre, de confronter ses pratiques concrètes itou ! à bientôt autour d’un repas de quartier, d’un pique nique printanier j’espère, à Grenoble, Lyon et ailleurs ! .. et vive la revue Passerelle éco : la revue qui ne se prend pas le chou et qui nous apprend à cultiver un potager plutôt ! esteban - Voir également l’article : [Le "Parti pour la décroissance" soutient implicitement le pyromane Sarkozy->http://www.guidaltern.org/article.php3 ?id_article=287] en cliquant sur ce lien : [http://www.guidaltern.org/article.php3 ?id_article=287&recalcul=oui->http://www.guidaltern.org/article.php3 ?id_article=287] -------------------------------------------------------------------------------- La galaxie [decroissance.info->www.decroissance.info] : journal forum webmail -------------------------------------------------------------------------------- Les groupes locaux : Bourges Bruxelles Grenoble Le Mans Lille Montpellier Lyon Nantes Paris Poitiers Rennes Saint Etienne Toulouse -------------------------------------------------------------------------------- decroissance.info - 2005 - Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

 


| —> Index du site guidaltern.org | " Pause ... " | "sommaire" | "plan" | @ Contactez-nous ! | @ Découvrir les éditions Le P’tit Gavroche : origines & présentation | @ Passe-rêves : cyberlettre d’informations alternatives | Collection Ecocités (guides écorégionaux) : | Collection Ecopilotes (guides thématiques) : | Dates, Calendrier & agenda : | Espace Presse, journalistes | Fiches-guides + Catalogue général | Ressources alternatives, médias alternatifs & liens | Sobriété heureuse et simplicité volontaire |