www.guidealtern.org
 
  —> Index du site guidaltern.org

" Pause ... "

"sommaire"

"plan"

@ Contactez-nous !

@ Découvrir les éditions Le P’tit Gavroche : origines & présentation @ Passe-rêves : cyberlettre d’informations alternatives Collection Ecocités (guides écorégionaux) : Collection Ecopilotes (guides thématiques) : Dates, Calendrier & agenda : Espace Presse, journalistes Fiches-guides + Catalogue général Ressources alternatives, médias alternatifs & liens Sobriété heureuse et simplicité volontaire
 
Recherche :

 
Dans la même rubrique

Autres articles :
"Reporters sans frontières" financé par les Etats Unis & la CIA ?
à Oaxaca, loin du silence des mass médias français et autres...
A propos des sondages & mensonges sur José Bové
Cartogrammes des multinationales et des réseaux mondiaux
Casser l’antenne dirigée par le parrain de la fille d’Alain Juppé : Jean-Paul Cluzel
EDF et son influence sur les médias
Etre présent dans les médias ? Des conditions de participation à respecter
France inter fait la promotion des nanotechnologies
Grippe aviaire : l’élevage industriel largement mis en cause
Hachette & le marchand d’armes Lagardère

 
 
 
Un publireportage sur la "peugeot 207" dans "Libération" ...


... offert et même payé par "Libération" !

vendredi 19 mai 2006, par Esteban


Un publireportage sur la "peugeot 207" dans "Libération" du 19 mai 2006 :

Encore une page de pub offerte par un "journaliste" à une multinationale de l’automobile


On trouve dans l’édition du quotidien "Libération" du 19 mai 2006 un "article" (sic) qui ressemble beaucoup plus à un publireportage signé par un "journaliste d’entreprise" ou chargé de communication de Peugeot PSA, géant de l’automobile français.

Ce publireportage ou infomercial est placé dans la rubrique "Vous" de « Libé ».

Voici la reproduction du publireportage (en italique et entre guillemets) commentée par mes soins :

« Vous

Auto. La dernière Peugeot au banc d’essai sur les routes de Normandie.

La 207, une morveuse nerveuse

par Luc LE VAILLANT

QUOTIDIEN : vendredi 19 mai 2006

Peu de regards incrédules, peu de cous dévissés pour détailler la dernière Peugeot. Ça se passe tout seul pour la 207 quand, par exemple, la 1007, le récent minispace de la marque, fendait l’oeil du moindre passant.

  • Fendait quoi ? Le vocabulaire agressif, largement présent dans la publicité pro automobile, pointe déjà son nez.

Non que la prétendante manque de personnalité, mais c’est comme si elle était déjà inscrite dans le paysage, évolution plus que rupture, capitalisation des acquis plutôt que remise en jeu des fondamentaux.

  • « déjà inscrite dans le paysage » Quel paysage ? ... celui des embouteillages bien connus des Parisiens, et des journalistes parisiens qui se payent le luxe de se déplacer en voiture, alors que plus de la moitié des Parisiens n’en ont pas et préfèrent les transports en commun, le vélo ou la marche à pied ?

« Sur l’autoroute de Normandie, puis sur les petites départementales qui mènent de l’Aiguille creuse d’Etretat à la rivière miniature de Veules-les-Roses (...) »

  • Là Luc tu nous avoues être monté à bord de cette tuture pour le tester et en vanter les mérites dans « Libération » ensuite, nan ?

« (...), la 207 abat ses atouts, précise et incisive, chirurgicale dans sa frappe, mais peinant à serrer le coeur ou à écorcher un sourire. »

  • « précise », « chirurgicale dans sa frappe » : là le journaliste de Libération se croit à bord d’un avion en pleine guerre contre l’Irak, et utilise les mêmes euphémismes pour parler des morts. Bientôt ce génial journaliste va-t-il pouvoir nous parler des « dommages collatéraux » de la voiture (plusieurs dizaines de millions de morts depuis sa création au début du 20ème siècle d’après l’OMS) ?

(Sur le même sujet : Les dimensions . Enjeu : succéder à la 206, cogner la Clio 3)

Le pari économique est crucial et symbolique à la fois. La part des petites voitures dans le marché européen est passée de 31 à 33 %, ces sept dernières années, et devrait croître dans les mêmes proportions d’ici 2010. D’où l’importance stratégique de ce secteur, où Peugeot a des titres de noblesse à faire valoir. La 207 succède à deux blockbusters maison, la 205 (5,2 millions d’exemplaires vendus en France) et surtout la 206 (5,5 millions) qui garde le titre de meilleure vente française toutes catégories confondues. Dans ce match qu’adorent les Français entre leurs deux champions nationaux, Peugeot, sur ce segment, garde de l’avance sur Renault.

  • « Dans ce match qu’adorent les Français entre leurs deux champions nationaux » : comment ce journaliste peut prétendre savoir que ce "match" entre deux usines à bagnoles (Peugeot et Renault) passionnerait les Français ? Des instituts de sondages nationaux bien connus (trop sans doute) se trompent tous les cinq ans sur qui sera au 2nd tour des élections présidentielles (Balladur au 2nd tour en 1995, Jospin au 2nd tour en 2002, etc...), mais Luc Le Vaillant, comme son nom l’indique, est là aussi pour veiller au grain et sait ce qui nous passionne toutes : ce "match" : merci Luc de ton philanthropisme !

La Super Cinq (3,2 millions), la Clio 1 (3,7 millions) et la Clio 2 (4,2 millions) restent en deçà des performances des « 2 » du Lion. L’intérêt du moment est que Jean-Martin Folz dégoupille sa 207 au moment où Carlos Ghosn reprend le Losange doté d’une Clio 3 qui ne porte pas encore sa patte.

  • « dégoupille » : vocabulaire militaire de la grenade, là encore. Va-ton enfin savoir ce que ces bombes font comme dégâts sur la population humaine, civile ou militaire ? Suspense...

« Contemporaines, ces deux « petites-moyennes » représentent des déclinaisons de leurs devancières plus que des propositions vraiment radicales. D’ailleurs, l’époque semble plus à la mutation permanente de la gamme qu’à la survenue bouleversante d’une comète tombée de Sirius.

Extérieur : gonflé et agressif en diable

Depuis quelques années, les bébés voitures osaient la bouille sympathique (la Twingo) ou le particularisme désarçonnant (la Ka). »

  • Il en faut peu pour "désarçonner Luc Le Vaillant dis donc : il n’avait peut-être pas besoin de monter sur ses grands chevaux (bien cachés sous le capot de la 207) !

« Mais, il faut aussi compter avec l’identité visuelle de la marque qui, à partir d’un modèle fondateur, essaime sur ses différents modèles au risque d’un copié-collé mal proportionné. »

  • Question "copier-coller", Luc Le Vaillant sait de quoi il parle : son publireportage ressemble comme deux gouttes d’huile à une publicité réalisée par l’usine à bagnoles Peugeot. Le sien de "copié-collé" est effectivement "mal proportionné" lui aussi, puisqu’une pub pro bagnole fait tenir en deux lignes et un logo son discours marketing, alors que Luc a besoin de centaines de caractères pour cela ..... notamment pour justifier d’un salaire auprès de M. Serge July son patron à « Libération »(vous croyiez quand même pas que son patron c’est celui de Peugeot PSA nan ?).

« Entre la Vel Satis et les dernières Mégane, entre la C4 et la C6, ça a plutôt marché. Chez Peugeot, l’élégance finement cravatée à la Pininfarina ne dura que l’espace d’un instant, et nous sommes actuellement en phase agressive, survitaminée, gonflement des joues et du courroux. La 207 pousse à fond cette logique. »

  • « agressive, survitaminée, gonflement des joues et du courroux » : toujours le même vocabulaire !

« Façon tronche de cake plutôt que gueule d’amour, la calandre, béante et noirâtre, n’a rien d’une bonne blague, mais plutôt d’une bouche d’ombre aux mâchoires grillagées. Comme sur la 307, le capot renfle son museau, un peu rostre de galère cherchant qui couler bas. Et partout, ça joue des épaules, ça enfle du carénage, ça fait péter les coutures. A croire que la carrosserie a fait injection de Botox, plus cure d’hormones de croissance. Cela donne à la 207 des airs de petite frappe, dure au mal, inapte aux sentiments, que la féminité en amande des feux avant n’arrive pas à corriger. »

  • Wouaouh ! Luc, tu es un vrai poète toi ! Et à part ça, tu ne te reconnaîtrais pas un petit peu dans le portrait que tu tisses de cette voiture ? Une « petite frappe », « inapte aux sentiments » .... n’oublie pas que la voiture n’est que le reflet de celui qui la conduit. Une voiture qui se conduit comme une petite frappe.... n’est rien d’autre qu’une voiture conduite par une petite frappe. Une voiture à l’arrêt sur le parking de l’usine, avant d’être vendue, n’a encore heurté aucun humain (en tout cas pas directement). C’est l’être humain, par son libre arbitre, qui choisit librement s’il doit se déplacer, comment, avec quel moyen de transport si besoin, et ensuite à quelle vitesse. Ce n’est donc pas la voiture qui est "une petite frappe", mais celui qui la conduit, c’est-à-dire toi, « sur l’autoroute de Normandie, puis sur les petites départementales qui mènent de l’Aiguille creuse d’Etretat à la rivière miniature de Veules-les-Roses ». Te voilà démasqué Luc ! Tel un loup garou à minuit, un rédacteur de pub sort ses griffes en Normandie à bord de la tuture 207 : voilà le vrai titre de ton publireportage !

« Intérieur : fonctionnalité au « peppermint »

Autant, vu de loin, la bestiole semble peu engageante, toute à sa morgue de petit gladiateur bardé de suffisance, autant porte close, l’apaisement est garanti. »

  • «  sa morgue de petit gladiateur bardé de suffisance  » : ah oui la morgue, tu veux dire l’arrogance de ce truc qui véhicule la violence et nous conduit droit au corbillard, c’est cela ? De quelle morgue parles-tu Luc ? La poésie ça va deux secondes, mais bon soit plus direct et concret quoi ! La morgue, c’est là où l’on conduit notamment les victimes des accidents de la route... et de l’autoroute également. Et le "gladiateur" est là, comme dans les jeux romains de l’Antiquité, pour abattre sa victime... le piéton ? L’autre automobiliste qui va moins vite ? Qui ?

« Les manufacturiers ont tellement progressé que, au poste de pilotage, vous n’avez aucunement l’impression d’être dans une minimachine pour ouistitis riquiqui. »

  • « ouistitis riquiqui » ! ... Luc, garde ta vie sexuelle pour toi, ça ne nous regarde pas ce que tu cherches à compenser à l’aide de ce bolide qui vaut plus de 100.000 francs (17.000 euros !).

« La vastitude de la planche de bord, qui rejette le pare-brise là-bas au loin, vous dégage l’horizon, comme à un guetteur sur la dunette d’un monospace. Le volant se règle, en hauteur et en profondeur, et les accoudoirs sont accueillants à ceux qui aiment prendre leurs aises sans presser par inadvertance les poussoirs des vitres. Les fumeurs pourront même parfumer leurs miasmes à la menthe poivrée, à la mangue tropicale ou au tendre jasmin. Et la boîte à gants réfrigérée vous recrache des CD givrés. »

  • Sans commentaire ! Et vive le tabac qui tue parfumé à la menthe poivrée !

« Sinon, il y a dans l’habillage de la 207, un souci de fonctionnalité qui s’évite les gris-gris de la modernité. Pas de carte magnétique pour ouvrir les portes, on en revient à la clé. Pas de bouton pour démarrer, là encore on tourne la clé. Stop à l’affichage numérique, les cadrans circulaires, façon moto, se la jouent à la fois « Grand Prix » mais aussi aiguilles au compteur. Par contre, le navigateur par satellite trône entre les deux passagers avant. Il marche parfaitement, tout cela s’est ultrasimplifié. Mais, comme la voix horripilante du radioguidage met les nerfs à vif, il ne reste plus au GPS qu’à vous afficher des évidences. Oui, vous sortez de Fécamp. Oui, vous vous dirigez vers Saint-Valéry-en-Caux. Mais, pour savoir ce qu’est devenu Arsène Lupin, s’il est passé par ici, s’il repassera par là, mieux vaut lever le nez de l’écran, arrêter de bidouiller le mode « menu » et regarder là-bas au loin, où les goélands se jettent du haut de la falaise et où les nuages viennent de cambrioler le ciel.

Conduite : facile, musclée

Il y a des voitures simples et évidentes. C’est le cas de la 207. Prise en main immédiate, accoutumance sans angoisse, place dans le trafic immédiatement réservée, gros rétroviseurs rétractables qui garantissent le juste retour des choses.

  • «  place dans le trafic immédiatement réservée  » : place dans les bouchons assurée tu veux dire : sois clair Luc ! Ne tourne pas autour du pot d’échappement ! Une tuture ça se conduit sur des routes bondées avec des embouteillages d’abord en ville en semaine chaque matin et chaque soir, puis à la campagne le week end sur le retour du chemin à la ville : on n’est pas dans une pub Luc, on est dans la vraie vie !

« C’est sans doute cela, la voiture moyenne du Français moyen : tout est à portée de main, tout tombe sous le sens, rien ne bouleverse vos us et coutumes, et c’est comme si les progrès étaient prédigérés pour vous éviter toute cure de Maalox. »

  • « la voiture moyenne du Français moyen » : à 17.000 euros oui bien sûr que le "Français moyen" se permet cela : dans le pire des cas il roule en 2cv ou à la limite en Logan plutôt, non ? Cette somme énorme, c’est un an et demi de salaire pour peu que l’on ait un travail payé 1000 euros minimum, et sans compter qu’il faut respirer de l’oxygène, boire de l’eau saine, manger, se loger, s’occuper des enfants... bref vivre ! Il n’y a pas que la voiture dans la vie, oh non ! et tout ce que l’on dépense pour la bagnole est une privation pour le reste de la vie.

« La version 1,6 l essence essayée, couleur gris fer nacré, grignote le bitume avec appétit, tient la route comme une Peugeot et renvoie du brut de pomme jusqu’au creux des sièges jugés un peu roides par les fessiers pointus. Pour un prix moyen de 17 000 euros, la 207 a la nervosité râleuse et la vivacité pimbêche qui plairont aux jeunes urbains-urbaines, qui veulent de la distinction unisexe à des tarifs milieu de gamme. Comme si était venu le temps de l’agressivité bien tempérée, de la virulence sans conflit, et autres façons d’en être sans se faire avoir. »

  • « le temps de l’agressivité bien tempérée, de la virulence sans conflit (...) » : Luc, côté "agressivité bien tempéré", fréquente plus assidûment les hôpitaux qui regorgent d’enfants et d’adultes, fauchés à la fleur de l’âge par des bagnoles comme celle dont tu viens de faire de la publicité. Et ces oxymores : "virulence sans conflit" et patati et patata... virulence vient du latin viris qui signifie homme. Cela a également donné le mot "viril" en français. Tu cherches encore à nous prouver que tu es un homme ou quoi ? Arrête ça c’est malsain.

« (...)et autres façons d’en être sans se faire avoir » :

Luc, amuse-toi à jouer avec les auxiliaires de la langue française si tu veux, mais au prochain plan ANTIsocial à « Libération », on verra bien comment tu feras pour "en être" sans plus "avoir" un seul rond en poche.

Le chômage et la précarité guette les journalistes de plus en plus, et ce n’est pas ton publireportage qui va redorer le blason de cette profession qui mérite mieux que cela, notamment en matière d’investigation.

En bref, ton pseudo "article" c’est une publicité intégrale, unilatérale : à aucun moment de ta part l’ombre d’une critique contre la voiture, même pas sur ses freins, sur sa vitesse qui pourrait être éventuellement bridée à 130 km/h, sur sa "pastille verte", sa plus faible consommation de carburants etc...

Je ne parle même pas des vraies critiques radicales (c’est à dire à la racine) que l’on peut légitimement porter à la voiture individuelle et à tous les dégâts directs et indirects qu’elle cause ici et là, partout dans le monde, du fait :

-  de ses déchets gigantesques avant, pendant et après sa fabrication,

-  de sa consommation d’eau phénoménale lors de sa construction (je ne parle même pas de l’eau utilisée pour son nettoyage régulier pour frimer en ville),

-  des morts et des blessés par centaines de milliers dans le monde chaque année, ce qui revient à dire que la voiture tue plus de personnes chaque jour dans le monde que les attentats du 11 septembre 2001. Lis le magazine Sciences et vie junior, ils en parlaient encore en 2005 ! Et ce n’est pas un journal d’écolo radico pourtant !

Luc Le Vaillant, on est en 2006 (tu devrais le savoir qu’on n’est plus en 1960, ton article est daté de mai 2006 !), et pour le cas où tu ne serais pas au courant, ça chauffe pour la planète Terre (lis la rubrique ’Terre’ de Libé par exemple), et il n’y aura bientôt plus de pétrole bon marché. Le véhicule que tu nous vantes est donc destiné à des riches pollueurs (à 17.000 euros la tuture !), très riches, et parisiens de surcroît (« Libération » est un des rares journaux nationaux à être essentiellement lu .... à Paris et en Ile de France !).

Quand tu cesseras de croire que la presse est un magalogue pour bagnoles, et quand tes supérieurs hiérarchiques reprendront le quotidien « Libération » pour ce que c’était à l’origine au début des années 1970 (un journal sans pub contre le journalisme couché), on en reparlera. Pour l’instant, postule plutôt à un poste chez Auto Minus, tu y aurais plus ta place nan ?

En attendant, ouvre les yeux, et pense notamment aux enfants, aux personnes âgées, et aux baleines (ne jamais oublier les baleines !).

Ciao !

esteban

*******

Dans la même rubrique : La 207, une morveuse nerveuse ; A lire aussi, Du même auteur

La gauche caviar par l’un de ses servants ; Ravi du rail ; L’antilamento ; Archives ;

 


| —> Index du site guidaltern.org | " Pause ... " | "sommaire" | "plan" | @ Contactez-nous ! | @ Découvrir les éditions Le P’tit Gavroche : origines & présentation | @ Passe-rêves : cyberlettre d’informations alternatives | Collection Ecocités (guides écorégionaux) : | Collection Ecopilotes (guides thématiques) : | Dates, Calendrier & agenda : | Espace Presse, journalistes | Fiches-guides + Catalogue général | Ressources alternatives, médias alternatifs & liens | Sobriété heureuse et simplicité volontaire |