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L’Agitateur, à Bourges


jeudi 21 juillet 2005, par Esteban


L’Agitateur à Bourges


Ce journal s’est pendant un temps sous-titré " Le contre-journal municipal de Bourges ". Aujourd’hui il est devenu un webzine libre, sans le côté satirique des débuts, dans lequel les lectrices et lecteurs internautes peuvent écrire, notamment sous la forme d’articles ou de commentaires.

Nous l’avons découvert dans le mensuel Technikart de novembre 2003, dans le dossier "la PQR* est-elle nulle ? ", un dossier qui soulève bien des problèmes récurrents dans la presse locale. Notamment cet aspect, qui écoeure en premier lieu Jean-Michel Pinon, rédacteur en chef de l’Agitateur : des individus anonymes sont épinglés par le quotidien régional (souvent pour des vols à la roulotte, dans la rubrique " Tribunal" ) alors que des puissants, propres sur eux en chemises blanches, volent parfois en toute impunité dans les caisses publiques.

Le jour où les journalistes s’intéresseront davantage aux magouilles politiques, aux budgets locaux et à leur usage, aux rapports publiés par les Chambres Régionales des Comptes, la rubrique " Faits divers" disparaîtra au profit d’une rubrique "Faits Importants : magouilles en cours " (en Une bien-sûr).

A Bourges, face à l’Agitateur, il y a notamment le conventionnel " le Berry républicain ", et puis la conservatrice "La Nouvelle république", quotidien marqué à droite (si les étiquettes signifient encore quelque chose).

* PQR : Presse Quotidienne Régionale.


  • Extrait du site de l’Agitateur  :

La fabuleuse histoire de L’Agitateur, par Jean-Michel Pinon (JMP)

ISSY-LES-MOULINEAUX / JUILLET 1997. Discussion entre JMP et Mister K sur le climat politique et social à Bourges. Depuis deux ans, le maire de Bourges, Serge Lepeltier (RPR), élu avec le soutien du Front National et avec le parrainage officiel de Jean-Marie Le Pen, accumule les gaffes : paroles malheureuses, location de salles municipales au FN, création d’un nouveau logo et d’un slogan royaliste pour la ville (Bourges, ville souveraine), enlisement progressif des grands projets municipaux... Et pourtant, personne ne s’en offusque, pas même l’opposition municipale de gauche, KO debout, amorphe, incroyablement frileuse. A Bourges, rien ne bouge. Circulez, y’a rien à voir, rien à dire.

A ce moment, JMP sort tout juste d’une expérience débutée en 1995/96 autour de la création d’un trimestriel étudiant édité à 3500 exemplaires par la municipalité.

Dès le début, il se retrouve au centre d’une polémique pour avoir ironisé sur une décision municipale d’avancer la fermeture des bars de la ville à minuit : « Chouette ! Les jeunes, plutôt que de discuter de futilités devant une bonne bière, pourront descendre dans les rues pour incendier les voitures ! Ainsi, le marché de l’automobile est-il assuré d’être relancé à Bourges ! Voilà une décision souveraine qui ne manque pas de génie ! ». Frédérique Deniau, maire adjointe à l’enseignement supérieur fait pression auprès du CROUS d’Orléans pour empêcher la parution du journal. Après plusieurs semaines de tensions, la mairie finit par céder et le journal est enfin distribué sans aucun changement dans son contenu. Pourtant, c’est bien elle qui s’en sort victorieuse : il n’est pas question de se bagarrer à chaque fois pour faire paraître un journal. JMP prend conscience de ce semblant de liberté d’expression consenti par la mairie pour son propre rayonnement, et décide de claquer la porte en février 1997.

Au cours des discussions entre JMP et Mister K en juillet 1997, l’idée de créer un nouveau journal local germe rapidement sur des bases à la fois très primaires (« faire chier les bourgeois et notables de Bourges ») et plus réfléchies : sortir de la logique du « marché de l’information », créer un journal réellement indépendant, réveiller la population berruyère depuis trop longtemps endormie, utiliser à fond le droit à la liberté d’expression.

C’est ainsi que naît en octobre/novembre 1997, « L’Agitateur », sous-titré « Le contre-journal municipal de Bourges » qui se décline en un support papier, mensuel, édité à une centaine d’exemplaires, et une version web hébergée par le prestataire grand public, Infonie. JMP s’occupe de l’aspect rédactionnel et Mister K de la technique.

Les premiers exemplaires de la version papier sont plus que sommaires : la maquette n’est même pas réalisée avec un logiciel de PAO mais simplement à l’aide du traitement de texte, Corel WorldPerfect. JMP réalise le journal, et, ne disposant pas encore d’imprimante, fait parvenir une version sur disquette à Mister K qui se charge de l’impression, et lui renvoie le tout pour que le huit pages au format A4 soit photocopié à une centaine d’exemplaires puis distribué. Parallèlement, Mister K s’occupe de la transposition des articles sur le web.

Malgré ce côté « bricolage » et sa diffusion restreinte, L’Agitateur fait immédiatement sensation. Les quelques exemplaires balancés dans la nature sont reproduits et distribués par les lecteurs eux-mêmes qui se chargent de la contamination de leur entourage. De son côté, le quotidien La Nouvelle République, réputé proche de la municipalité de droite (et qui édite d’ailleurs le journal municipal), se faisant plus royaliste que le roi, s’indigne que l’on puisse traiter des élus avec autant d’irrévérence. A combien d’exemplaires est finalement reproduit chaque numéro de L’Agitateur ? Nul ne le sait.

L’Agitateur est lu par les professeurs dans les collèges et lycées, dans les bureaux administratifs de la mairie de Bourges, à la Préfecture du Cher, dans la plupart des institutions culturelles de la ville, dans le milieu associatif, dans les petites communes du département du Cher, puis dans toute la Région Centre, en particulier à Orléans. Sur le web, c’est souvent la même expression qui revient dans les courriers électroniques des internautes pour caractériser L’Agitateur :

« un bon bol d’air frais dans une ville carbonisée »

.

Se positionnant en marge de tout, L’Agitateur rompt avec les habitudes du journalisme à la française, caractérisé par une absence totale de distanciation avec le pouvoir politique. Pas de dîners en ville pour avoir de bonnes infos avant les autres, pas d’acoquinement avec X ou Y, mais, au contraire, un travail de l’ombre.

L’Agitateur est contre tout le monde, comme un gamin mal élevé qui ferait indifféremment des grimaces à sa méchante voisine de palier, à son maître d’école bien intentionné ou à ses parents.

Au fil des mois, le contenu du journal s’affine. De nouveaux rédacteurs se joignent au journal ponctuellement. On peut citer en vrac, et sans être exhaustif, MAL, Ulcer (plus connu aujourd’hui sous le nom de Fabrice A), Seb, Le Justicier aux Dents Transpirantes, L’Homme des Bois, Bibi-fuck, Bi-fricotin, Nicotango... Des améliorations sont apportées. Si le journal reste photocopié, la maquette, réalisée à l’aide de logiciels professionnels ressemble enfin à quelque chose, l’interface web change totalement chaque année et l’actualisation se fait de façon hebdomadaire.

Mais le journal fonctionne au cours de l’année 1999 dans un drôle de climat. Les échanges de courriers postaux entre JMP et Mister K arrivent à destination avec plusieurs jours de retard et semblent avoir été ouverts. Quant à JMP il a le désagréable sentiment d’être suivi dans la rue et songe à consulter un psychiatre. Il apprend également que le maire de Bourges serait à la recherche d’hypothétiques « agents doubles » dans ses services et que l’ambiance y est très tendue. En octobre 1999, la société Infonie coupe la connexion de L’Agitateur, invoquant des raisons très embrouillées et peu convaincantes. Mister K part en vacances en Egypte. Au lendemain de son retour, la brigade de recherche de la gendarmerie de Bourges effectue deux perquisitions à Bourges et Issy-les-Moulineaux, chez JMP et Mister K. Tout le matériel informatique est saisi, de même que les documents propagandistes et les exemplaires papier de L’Agitateur. Au cours de leur garde à vue, JMP et Mister K subissent chacun de leur côté, un interrogatoire de plus de huit heures où on leur apprend que le maire de Bourges Serge Lepeltier a déposé une plainte en diffamation contre des articles de la rubrique satirique « Les Nouvelles du bourge’ », le caricaturant sous la forme d’un monarque débile mental profond.

Le contenu de l’interrogatoire et la longueur de l’enquête laissent supposer que la plainte en diffamation est surtout un prétexte pour déterminer comment fonctionne le journal et mettre fin à son existence à l’approche des élections municipales. Les réponses aux questions posées confirment les résultats de l’enquête menée par la brigade de recherche : L’Agitateur est l’oeuvre de simples citoyens qui veulent pourvoir dire ce que ne dit pas la presse institutionnalisée, mollassonne, trop éloignée des « vrais gens de la vraie vie », pervertie par ses relations trop amicales avec les élus et les notables de la ville. Que ce n’est pas la vitrine d’un parti politique, d’un groupuscule d’anarchistes fous ou d’une entreprise terroriste (JMP se verra demandé s’il possède des armes à feu !!). Que le journal est entièrement autofinancé et autosuffisant, qu’il n’a donc aucun lien avec la mafia russe. Quelques semaines plus tard, JMP et Mister K sont mis en examen et le juge d’instruction s’efforce encore de creuser sur le terrain du fonctionnement et des motivations profondes du journal, sans trouver de failles.

C’est le dossier pénal, épais comme des annuaires téléphoniques de l’Ile de France qui montre, lui, d’inquiétantes failles. Violation du respect de l’intimité de la vie privée, procédures abusives, délai de prescription dépassé... L’avocat de L’Agitateur, Serge Nonin, prend alors les choses en mains. Mais avant qu’il ait le temps de lancer ses premières offensives, le maire de Bourges se décide en toute indépendance et sans aucune pression, à retirer sa plainte, mettant de lui-même fin à plusieurs mois d’enquête et de procédure.

Entre temps, JMP et Mister K se sont remis au travail, refusant une censure qui ne dit pas son nom, masquée derrière la saisie de leur matériel. Ils investissent dans de nouveaux équipements informatiques. Mister K récupère des fichiers qui n’ont pas été saisis par négligence, et termine à la hâte une nouvelle version du site qui devait normalement être inaugurée plusieurs mois plus tard. JMP fait le ménage dans son entourage immédiat, certaines informations anodines divulguées à la brigade de recherche n’ayant pu l’être que par des personnes très proches de lui. Pour ne pas changer, L’Agitateur repart avec les moyens du bord.

Tout est à refaire. La presse locale qui n’a pas digéré quelques mois plus tôt la réalisation d’un numéro spécial parodiant les travers de la Presse Quotidienne Régionale (micro-trottoirs, écriture formatée des localiers, interviews complaisantes etc.), s’est courageusement acharné à dénigrer le journal, un peu à l’image de la campagne médiatique contre les Guignols de l’Info au moment ou l’audience battait de l’aile.

L’Agitateur doit se refaire une santé. De nombreux berruyers croient que L’Agitateur n’a pas survécu aux assauts politico-judiciaires dont il a été l’objet et ne connaissent pas la nouvelle adresse du site (www.agitateur.org). La version papier est sabordée en juin 2000 et les rubriques satiriques sont peu à peu supprimées dans la version web. Le duo JMP - Mister K devient trio, avec l’arrivée de Miska, chargée de l’habillage graphique du site. Tout en améliorant le site web, Mister K et Miska travaillent ensemble pour concevoir une nouvelle version, de qualité professionnelle, permettant à chaque rédacteur disposant d’un nom d’utilisateur et d’un mot de passe de mettre en ligne eux-mêmes leurs articles, et à chaque internaute de contribuer au contenu du journal.

Cela abouti en septembre 2001 à la création d’un site réalisé selon le système de publication SPIP sous licence GPL qui donne une seconde vie au journal. Il aura fallu un an et demi pour que L’Agitateur retrouve son meilleur indice de fréquentation " .

Participation au journal en ligne L’Agitateur

-  « L’Agitateur de Bourges est un site collaboratif réalisé par des rédacteurs occasionnels ou permanents. Vous pouvez facilement participer à la vie de ce site et proposer vos propres articles en vous inscrivant ci-dessous.

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